Le métier de bâtisseur ne peut être qu’un beau métier. Qui n’a pas admiré ces ¦uvres magnifiques telles que les cathédrales ou les viaducs ? Le prix de ces constructions ? Le prix de leurs vies, la vie de ces bâtisseurs par le passé.
Aujourd’hui les choses ont peu changé, certes avec le progrès, notre profession de la construction, c’est-à-dire le Bâtiment, les Travaux publics et tous les autres métiers comme les cimentiers, carrières et matériaux, s’est mécanisée, allégeant les contraintes physiques.
Néanmoins, la pénibilité dans notre profession est réelle et au quotidien tout le monde peut le constater.
Nous travaillons avec des produits tout aussi nocifs que l’amiante : ciments, goudrons, bitumes, acides... Nous sommes exposés aux intempéries. L’hiver : pluie, froid et fortes chaleurs l’été, et depuis quelques années, des canicules répétées.
Si nos métiers se mécanisent, il n’empêche qu’ils sont quand même physiques et usants, comme le constate la Médecine du Travail et la longue liste des maladies professionnelles de notre profession.
Nous détenons le triste record des accidents du travail et de mort par accident du travail, en moyenne un tous les deux jours au plan national.
Sans parler du stress, dû aux exigences des clients et des délais de livraison des chantiers, ce qui entraîne l’épuisement des salariés de nos métiers.
Il faut savoir que la durée de vie moyenne d’un salarié de la construction est inférieure de 10 ans par rapport à n’importe quelle autre profession.
C’est pour toutes ces raisons que nous réclamons la retraite pleine et entière à 55 ans depuis plus d’une décennie et qui est encore plus aujourd’hui d’actualité.
Est-il acceptable ou peut-on être indifférent, de voir nos aînés à plus de 50 ans monter au 3e étage sur un échafaudage ou conduire des engins de chantiers ou soulever des charges telles des bordures de route ? C’est les mettre dans une situation à risques pour eux mais également pour leur entourage direct : collègues de travail, passants.
Nos patrons en sont conscients, d’ailleurs la plupart de nos collègues à 55 ans sont en longue maladie, invalidité ou sont partis en licenciement arrangé. Pour avoir discuté avec eux, ils sont d’accord sur le principe de la retraite à 55 ans mais ne veulent pas être mis à contribution, notamment financière.
Il faut savoir également que la pyramide des âges est inversée ; c’est-à-dire beaucoup plus de collègues que de jeunes.
La Fédération Nationale des Travaux Publics (Fédération patronale) s’est engagée d’ailleurs à créer 100 000 emplois d’ici 10 ans car nous avons une réelle pénurie de main-d’¦uvre à tous les niveaux hiérarchiques.
Mais il y a un gros problème, c’est la formation et surtout la formation de terrain. Pour pallier ce manque de main-d’¦uvre, nous travaillons en permanence avec "l’intérim" qui n’est pas forcément adapté à nos métiers, et avec tous les risques accrus cités précédemment.
Nous, salariés de la Construction, préférerions voir les collègues intérimaires embauchés, à nos côtés et leur transmettre notre savoir-faire.
Pour être constructif, notre syndicat a amené plusieurs propositions. Le gain d’un trimestre supplémentaire par année pour travaux pénibles, ce qui abaisserait logiquement l’âge de la retraite et qui dégagerait également de l’emploi.
Dans le cadre des conditions de travail, l’aménagement des horaires de travail l’été, vu les canicules qui se répètent chaque année. Si la journée de solidarité existe pour les personnes âgées, n’oublions pas que certains de nos collègues sont morts en travaillant lors des dernières canicules, d’où l’exigence de cette revendication.
Pour conclure, les salariés de notre profession aiment leur métier mais veulent être entendus sur leurs revendications premières.
La retraite pleine et entière à 55 ans et un sérieux effort sur les conditions de travail.
Nous interpellons le patronat et les pouvoirs publics à mettre tout en ¦uvre pour le respect des hommes qui vous font vos maisons et vos routes car ils ont le droit eux aussi de jouir de leurs vieux jours.