L a spéculation foncière augmente les coûts de production des agriculteurs et empêche les habitants à revenu modeste, en particulier les jeunes, de se loger décemment. La non-reprise de nombreuses exploitations est un grave problème en Pays Basque comme en Béarn.
Il est possible d’enrayer la spéculation foncière !
Cela suppose de refonder les SAFER en leur attribuant des moyens d’intervention plus efficaces tels que la préemption avec révision des prix et des mesures de taxation à l’occasion du changement de destinataire.
Cela suppose aussi que la SAFER crée des réserves foncières destinées à l’installation.
Le but serait de mettre en place un "établissement d’installation" pouvant gérer des baux de carrière. Ces baux de carrière permettraient de proposer en location une ferme à un postulant, pour la totalité de la durée de son activité agricole. Lors de la retraite, cet outil de travail serait remis au pot commun. Pour pérenniser l’activité agricole.
Cela suppose de consolider le statut du fermage au lieu de le libéraliser avec le projet de "bail cessible", un bail au loyer plus élevé et plus précaire pour le fermier que le bail actuel.
Cela suppose aussi d’orienter les terres se libérant vers ceux qui en ont le plus besoin
Il est également possible de faciliter la reprise des exploitations existantes !
Les aides à l’installation doivent être non seulement plus importantes mais aussi complètement réorientées en supprimant les critères d’âge, de surface minimum d’installation pour les remplacer par des mesures d’équivalence pour des projets non conventionnels.
Les retraites des agriculteurs sont misérables, c’est un handicap à la vente du foncier à des prix raisonnables. Aussi, il y a lieu, lors d’installation-transmission des exploitations, de mettre en place des mesures de valorisation des retraites ainsi que l’instauration d’une indemnité viagère de départ pour les cédants.
Maintenir l’emploi paysan passe aussi par le partage des productions, par une administration rigoureuse des droits à produire. Une structure pourvue d’une mission précise veillerait à la juste répartition des cheptels et des terres. Elle serait coordonnée avec l’établissement d’installation
De telles mesures, vous en doutez, ne seront pas appliquées par Sarkozy. Elles nécessitent une profonde rupture avec la politique agricole libérale actuelle.
Pour les appliquer, il faudra des changements de rapport de force, des mobilisations, il faudra entrer en résistance contre Sarkozy et proposer une politique qui soit portée par le contrôle de la population sur la marche de l’économie et de la société. Bref une politique de rupture avec le système capitaliste libéral.