Une nouvelle agression sexiste s’est soldée par la mort d’une femme
·Une femme a été tuée samedi soir chez elle à Bayonne et son compagnon a été arrêté
Deux mois à peine après qu’un homme a précipité sa compagne du haut d’un bâtiment situé en face de la gare, Bayonne vient d’assister à une nouvelle agression sexiste. Le corps d’une femme de 62 ans frappée de plusieurs coups de couteau, a été retrouvé samedi soir, à dans la baignoire de son domicile. Son nom, Liliane Hérault, vient s’ajouter à la liste sinistre des femmes qui ont été tuées par leurs compagnons.
C’est en effet son conjoint l’auteur présumé des faits. Âgé d’une cinquantaine d’années, l’homme ne résidait pas chez elle mais lui rendait visite régulièrement. Il aurait tué la femme, puis averti les secours, et avoué sa participation dans le crime. Âgé d’une cinquantaine d’années, l’homme, résidant lui aussi à Bayonne, a été placé en garde à vue le soir même des faits.
"Encore un crime sexiste", s’est indigné hier le Collectif contre les violences sexistes. La plateforme, qui s’était déjà mobilisée en avril dernier à Bayonne en demandant une loi-cadre contre ce type de violences, appelle de nouveau à manifester dans la rue. "Nous appelons à réagir contre ce crime intolérable et contre les discriminations de genre qui en sont l’origine". Les agressions contre les femmes ne sont que "la partie visible de l’iceberg" avait alors déclaré le collectif.
Agression à Vitoria-Gasteiz
Le rassemblement aura lieu cet après-midi devant la mairie de Bayonne (18h30), mais d’autres mobilisations sont prévues au Pays Basque sud pour dénoncer ce crime ainsi que l’assassinat samedi d’une femme à Vitoria-Gasteiz. La victime Asun Villaba, 35 ans, avait dénoncé à plusieurs reprises son mari, mais alors qu’elle était devant le juge elle avait démenti ses propres accusations.
Asun Villalba est elle aussi décédée de plusieurs coups de couteau donnés par son mari, âgé de 42 ans. Les faits se sont produits samedi vers 13h30 au domicile conjugal. L’agresseur a pris la fuite mais quelques heures après il a décidé de se rendre à l’Ertzaintza, la police autonomique basque.
Selon les voisins, les passages à tabac étaient "habituels", mais la femme ayant retiré ses accusations elle n’a pas eu de protection policière.
La directrice d’Emakunde, l’Institut basque de la femme, a regretté que parfois les femmes battues, "en raison de leur situation familiale ou simplement par peur", rectifient leurs accusations une fois qu’elles comparaissent devant le juge. "Malheureusement on ne peut pas protéger une femme qui renonce à porter plainte", a regretté Izakun Moyua. "On ne peut pas les contraindre".
|