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Le JPB > Sujet à la une 2007-06-02
Miguel TORRE / candidat de Euskal Herria Bai dans la Ve circonscription
"Grenet n´a rien fait pour ce pays, Espilondo est anti-basque"

Quel est le sens de votre candidature ?

Il s’agit d’abord de vérifier qu’une grande majorité des gens de ce pays revendique, chacun à sa manière et à des degrés différents, sa Œbasquitude’, son appartenance à un pays, et la fonction de cet élan. Il n’y a qu’à voir par exemple le Biarritz Olympique Pays Basque, l’Aviron Bayonnais qui porte l’Ikuriña sur ses bras, etc.

C’est un vote identitaire ?

Non, je veux dire que l’appartenance à quelque chose et la fierté d’y appartenir, c’est en réalité l’appartenance à un Pays Basque virtuel qui n’a pas de contenant, qui n’a aucune institution propre pour exister et se développer en tant que tel. Devant ce manque de reconnaissance, la candidature Euskal Herri Bai adresse un message très fort et très positif sur le fait que si le Pays Basque existe, il faut le reconnaîtreŠ

Qu’est-ce que cela veut dire reconnaître le Pays Basque ? S’agit-il d’une reconnaissance institutionnelle ?

Oui, il s’agit de la reconnaissance d’une institution qui soit propre, qui ait des compétences très larges dans le domaine du développement social, économique, politique, et qui ait les moyens financiers pour le réaliser.

Un département ?

Cela dépend. Nous sommes d’accord avec Batera dont nous avons fait partie. On est surtout d’accord pour que les habitants de ce pays aient le droit de décider de leur avenir et d’être consultés pour savoir ce qu’ils veulent en termes d’organisation territoriale. C’est le premier sens de cette candidature. Euskal Herria Bai est aussi la seule coalition qui ne propose pas des mesurettes pour le Pays Basque. Les projets que nous proposons prennent leurs racines dans ce qui a été fait ces dernières années dans ce pays, que ce soit d’un point de vue agricole, avec la chambre d’agriculture Laborantza Ganbara, d’un point de vue économique ou de créations d’emplois avec Herrikoa, d’un point de vue linguistique ou culturel avec la création des ikastola, et bien d’autres. La proposition n’est pas seulement institutionnelle, mais elle prend ses racines dans la justice sociale et ce que l’on appelle le développement durable.

Si vous êtes élu, ce sont des dossiers qu’on peut faire remonter à Paris ?

D’abord il faudrait que ces dossiers puissent être traités ici. Il manque déjà une institution avec pouvoir de décisions sur les problèmes qui nous concernent. Nous sommes ensuite solidaires avec les revendications qui sont portées au niveau de l’État français, comme le dossier des OGM, les infrastructures. Nous sommes pour l’arrêt de tous les projets d’infrastructures, que ce soit la ligne nouvelle TGV, l’A63, la transnavarraise, la ligne haute tension, l’agrandissement de l’aéroport d’Hondarribia. Nous ne sommes pas contre mais nous pensons que la première chose à faire est de lancer un débat démocratique, pour savoir quel type d’infrastructures nous voulons : si ces infrastructures doivent être au service des habitants et du territoire ou si elles suivent d’autres intérêts. Nous pensons que le progrès n’est pas actuellement dans la vitesse ni dans la mondialisation mais dans le respect de la planète. C’est pour cela que nous sommes, en ce qui concerne le TGV, contre la création de nouvelles voies, mais plutôt pour l’optimisation des voies existantes. Nous partageons totalement le point de vue du CADE. Il est encore possible d’augmenter le fret et nous voulons une meilleure interaction entre tous les types de transports, merroutage, ferroutage, cabotage ou la route. Nous sommes également pour un train social, avec l’amélioration de la ligne Bayonne Garazi, ou Bayonne Puyoo.

Finalement vous êtes assez proche du programme des Verts ?

Nous ne pouvons pas en être loin puisque notre objectif est que le respect de la nature soit une priorité. Nous avons aussi beaucoup de points communs avec les partis de gauche, notamment en ce qui concerne le logement ou l’emploiŠ

Il y a aussi une voix de gauche qui est celle de Jean Espilondo sur la Cinquième. Que ferez-vous si vous n’êtes pas présent au deuxième tour et qu’il y a un report de voix possible sur Jean Espilondo ou Jean Grenet ?

Jean Grenet, ce qu’il a pu montrer, c’est sa fainéantise, il n’a rien fait pour ce pays, il suffit de consulter le site du Parlement. Quant à Jean Espilondo, c’est un anti-basque primaire. Donc je ne sais pas. Je me présente personnellement en tant que candidat mais je porte les espoirs d’une coalition. Au deuxième tour, c’est cette coalition qui choisira.


 
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