La reconnaissance pour Kristian Frédric
·Le directeur de la Compagnie les Lézards qui Bougent a été décoré de l’Ordre des Chevaliers des Arts et des Lettres
Kristian Frédric, directeur de la compagnie les Lézards qui bougent, a reçu dernièrement une distinction de marque en étant décoré de l’Ordre des Chevaliers des Arts et des Lettres. Une décoration qui lui a été remise par Yves Deschamps inspecteur général honoraire du Théâtre et des Spectacles, et qui récompense le parcours de cet homme dédié à la culture, et tout particulièrement son travail au sein de la compagnie qu’il dirige.
"Une distinction qui lui est attribuée par M. le Ministre de la Culture pour son parcours de metteur en scène-créateur, de scénographe, de pédagogue, de co-auteur et de co-adaptateur, de producteur et de coproducteur et bien entendu son travail d’animateur", explique Yves Deschamps. Mais cette distinction vient aussi comme un pied de nez à l’histoire, car pour mémoire la Compagnie les Lézards qui bougent a été déconventionnée par la DRAC l’an dernier.
Tout naturellement Kristian Frédric a associé à cette récompense l’ensemble des Lézards qui Bougent : "Si je suis aujourd’hui au-devant de la scène, je le dois au travail accompli depuis des années par tous les artistes, techniciens et collaborateurs qui ont donné leurs talents et leur travail, aux projets que j’ai pu avoir. Depuis 1989, c’est plus de 700 personnes qui ont ¦uvré au sein de notre compagnie et permis la réalisation de nos vingt-cinq créations." Le rebelle Frédric n’oublie pas pour autant dans ses remerciements les institutionnels et tout particulièrement toute l’équipe de la Scène Nationale de Bayonne.
Homme multifacettes
Comédien, metteur en scène, animateur radio, journaliste, technicien de théâtre, Kristian Frédric dirige les Lézards qui bougent depuis 1989. À titre de directeur artistique de cette compagnie, il propose à de nombreux créateurs de s’associer à sa démarche. Ainsi depuis les débuts de la compagnie, il a produit une dizaine de créations de divers metteurs en scène et coproduit plusieurs spectacles.
Il s’engage aussi fortement dans la promotion d’auteurs contemporains, organisant des représentations dans des lieux atypiques afin de faire découvrir ces auteurs et leurs écrits.
On se souviendra notamment de sa mise en scène de La nuit juste avant les forêts de Bernard-Marie Koltès avec Denis Lavant et Enki Bilal au décor. Kristian Frédric utilise le théâtre comme une arme pour dénoncer "un monde amnésique et inhumain" et ne manque pas de constater et d’affirmer que la destruction de l’homme par l’homme est encore une recherche de la communication. Un point qu’il a rappelé à l’occasion de la remise de sa distinction : "pour moi faire du théâtre, c’est me questionner sur notre âme et notre monde. J’ai souvent l’impression que si je ne faisais pas cela, j’aurais sans doute pris d’autres armes. Je crois, peut-être encore naïvement, que le théâtre où l’art plus généralement, peut être le moyen de lutter contre l’adversité et l’amnésie générale."
Rester libre
Constamment enchaîné à un processus de création, Kristian Frédric va bien évidemment continuer à tracer son chemin artistique. Même s’il se réjouit de sa récompense, elle ne sera pas synonyme d’un relâchement. Au contraire, avec ce titre de Chevalier, Kristian est paré de l’assurance d’une armure qui le mènera encore plus loin dans son combat.
"Tenir sa langue... Oui tenir sa langue, ce n’est pas forcément synonyme de se taire, voyez-vous. Et nous ne sommes pas là les artistes, pour apprendre à nous taire, n’en déplaise à certains. Nous devons continuer à faire entendre nos écritures, quoi qu’il nous en coûte, cela me paraît essentiel pour le futur de tous. Ne nous laissons pas phagocyter", conclut le Chevalier Frédric agitant la bannière de la liberté.
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