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Le JPB > Pays Basque 2007-06-02
Les accords sur la Navarre décidés à Madrid
·La composition du gouvernement navarrais sera conditionnée par la position du PSOE sur le processus de paix

Cinq jours après les élections forales du 27 mai, la composition du gouvernement de la Navarre reste toujours une inconnue. Avec 22 parlementaires et le soutien des 2 représentants du CDN, l’UPNbranche locale du Parti Populaire espagnolpeut difficilement espérer gouverner, la majorité nécessaire étant fixée à 26 élus. L’alternative devrait être un gouvernement de gauche composé par le PSN, la coalition abertzale Nafarroa Bai et les communistes d’IUN. Mais rien n’est encore décidé.

Trois équations sont possibles et les trois dépendent d’une seule variable: la position du PSOEpar rapport au processus de paix en Pays Basque. La première consiste en un gouvernement de coalition entre l’UPN et le PSN comme demandé par le président du PP Mariano Rajoy. La deuxième, celle d’un gouvernement progressiste présidé par le candidat socialiste Fernando Puras en alliance avec Nafarroa Bai et les communistes d’IUN. La dernière, un gouvernement en minorité du président sortant Miguel Sanz.

Rectification

La première équation est assez improbable. Le PPn’a pas cessé d’accuser le PSOE et plus concrètement son secrétaire général et chef du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero d’avoir "trahi la Navarre" et de l’avoir "vendue" lors des négociations avec l’organisation armée ETA. Une coalition de gouvernement droite-gauche serait "difficile" en l’absence de rectification de la part du PP, a lancé le président socialiste espagnol. Et même si certains dirigeants conservateurs se sont dits prêts à le faire, tel que le parlementaire au Congrès pour l’UPN Jaime Ignacio del Burgo auteur par ailleurs du livre La Navarre, le prix d’une trahison, le parti de Mariano Rajoy affirme qu’il n’y a rien à rectifier.

La deuxième équation, celle d’un gouvernement de coalition PSN-NaBai-IUN, représenterait en quelque sorte un geste de normalisation politique dans un territoire où les relations entre socialistes et abertzale sont tendues depuis le renouvellement des cadres du PSN. Pourtant, même si cette alliance est plus probable que la première, elle dépend des besoins du PSOE à Madrid plus que de la volonté d’un changement politique exprimée par les électeurs dans les urnes. En effet, le scrutin de dimanche a montré une fois encore que la question basque utilisée, voire manipulée, par la droite espagnole fait du mal électoralement parlant aux socialistes en Espagne. À quelques mois des élections générales, un accord avec les abertzale de NaBai pourrait représenter un risque électoral pour les socialistes. Et si José Luis Rodríguez Zapatero n’a pas le courage de permettre une alliance PSN-NaBai, il est inimaginable qu’il ait le courage de reprendre le processus de paix.

Il ne reste donc que la troisième équation, celle d’un gouvernement en minorité porté par le duo sortant UPN-CDN. La variable est toujours celle de la direction du PSOE. En permettant l’investiture de Miguel Sanz à la majorité simple, José Luis Rodríguez Zapatero stopperait en théorie l’offensive du Parti Populaire sur le front navarrais en vue des législatives de 2008.

Mais cela voudrait dire que José Luis Rodríguez Zapatero pense plutôt aux élections qu’à une éventuelle réactivation du processus de paix, comme réclamée par la gauche abertzale. Et cela malgré les bons résultats du Parti Socialiste d’Euskadi montrant qu’il a été récompensé par l’électorat pour avoir tenté de régler le problème basque.

Une autre équation

Il y a bien une quatrième équation possible: une combinaison entre la troisième et la deuxième, c’est-à-dire un gouvernement navarrais de transition de l’UPN jusqu’aux élections, après quoi une motion de censure soutenue par le PSN, NaBai et IUN mettrait à la tête de l’exécutif le candidat socialiste.

Fernando Puras et tout le bureau du PSN étaient réunis hier soir au siège socialiste d’Iruñea-Pampelune. Tout simplement pour "discuter", a-t-il précisé à la presse qui attendait dehors une décision. Les journalistes se sont trompés de ville: la décision finale se prendra à Madrid, rue Ferraz, au siège du PSOE. Et elle sera prise en relation avec le problème basque.


 
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