Les candidats aux Législatives doivent se prononcer sur les OGM
·Le collectif alerte OGM veut "mettre les candidats et les élus en face de la réalité"
Certes, comme le rappelaient les Verts il y a quelques jours, le débat sur les OGM est désormais public et si le parti écologiste a des idées très tranchées sur le sujet, il profite aussi de la campagne des législatives pour interpeller l’opinion sur une autre préoccupation, celle de l’eau. Mais le débat sur les OGM a beau être public, il est tout de même peu abordable de part la complexité et les informations parfois divergentes qui le composent. Parmi les candidats à la députation, certains admettent leur méconnaissance du sujet et refusent de se prononcer. C’est dans cette idée que le collectif alerte OGM Pays Basque remonte au créneau pour justement, "mettre les candidats et les élus en face de la réalité". Après le temps des occupations, notamment de la coopérative Lur Berri et de la DDA à Pau, vient celui de l’information.Le collectif organise le samedi 9 juin une journée festive avec une conférence d’un des scientifiques les plus réputés sur la question des OGM, Christian Vélot.Un généticien indépendant qui est à l’origine de la démonstration des méfaits de certains OGM sur le foie des rongeurs.Une conférence ouverte au public où sont invités tous les candidats en lice aux législatives."Ne pas venir, c’est ne pas assumer ses responsabilités" prévient Jon Harlouchet au nom du Collectif qui voit dans ce rendez-vous "un bon moyen de dépassionnaliser le débat" grâce à une information indépendante.Au moins, les candidats qui, comme Pascal Lesellier sur la Ve ou Jean Lassalle sur la IVe, disent "ne pas bien connaître" le sujet, n’auront plus d’excuse.Ceci dit, le député sortant Jean Lassalle semble avoir les informations élémentaires qui lui permettent de se prononcer pour un moratoire sur cette question et la nomination d’une instance scientifique autonome.Cela tombe d’autant mieux que le Collectif alerte OGM Pays Basque demande à chaque candidat de se positionner sur le sujet.
C¦ur de campagne
Un sujet qui est déjà au c¦ur de la campagne, notamment sur la IVe circonscription, plus rurale, et dans l’urgence des ventes de semis de maïs OGM qui ont débuté à Lur Berri après l’élection présidentielle. Et si le collectif entend rendre publiques les positions de chacun des 37 candidats du Pays Basque d’ici jeudi prochain, le résultat est plutôt bien avancé, notamment sur cette IVe circonscription, où, comme dans les deux autres du Pays Basque, la balance penche largement pour un moratoire sur la culture d’OGM en plein champ. Jeudi soir, un débat réunissait huit candidats de cette circonscription sur les ondes d’Euskal Irratiak. La question des OGM a été très peu nuancée et même le candidat UMP, Hervé Lucbéreilh s’est prononcé pour "aller vers un moratoire tant qu’il n’y a pas des garanties" tout en souhaitant poursuivre les recherches. La candidate des Verts, Jenofa Cuisset, a cependant rappelé que "Sarkozy est pour les OGM" et ironisé sur "les gens qui sont opposés à tout un tas de choses et ne s’en souviennent pas quand ils votent".Louis Labadot, au nom du Parti Communiste français, est allé plus loin en rappelant qu’en ces temps d’élections, "si l’on parle de concertation, on fera demain ce que l’on a fait hier".L’autorisation de cultiver les OGM n’est "jamais passée par le parlement" s’est-il indigné, en déplorant une "atteinte à la démocratie" et des gouvernants "qui n’écoutent que les grosses industries".Marie-Léonie Aguergaray s’est également prononcée pour un "non" en dénonçant "un scandale pur et dur", comme Jean Haïra, candidat de la LCR, résolument "contre les OGM en plein champ". La candidate de la France en action s’est également prononcée "contre" alors que le candidat Chasse pêche nature et tradition était plus mesuré. Bernard Sicre estime qu’un moratoire "risque de déboucher sur un débat stérile" et prône un "différentiel de prix" pour aider, au sein de la PAC, les cultures non OGM.Son homologue de CPNT, Guy Eneco, a pour sa part expliqué, il y a quelques jours, qu’il convenait de "travailler [les OGM] scientifiquement dans des endroits bien précis et de condamner "les fauchages ou l’occupation des locaux de Lur Berri". Mais si la grande majorité des candidats se prononce plutôt pour un moratoire des cultures OGM en plein champ, en revanche, la confiance semble dure à accorder au nouveau ministre de l’écologie, Alain Juppé, dont le Collectif Alerte OGM Pays Basque se souvient pour le moins "d’où il vient".
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