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Jean-Pierre DOMECQ / candidat du Parti Socialiste dans la IVe circonscription
"La transnavarraise répond à une idéologie néolibérale"
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Votre candidature a été polémique au départ. Est-ce que les choses sont rentrées dans l’ordre au sein de la famille socialiste ?
Vous faites allusion à quoi, à la déception de François Maitia pour n’avoir pas été retenu ?
On peut le dire ainsi...
Ce n’est même pas polémique. François Maitia nous avait dit qu’il ne se présenterait plus, nous avons donc mis en place une démarche de gauche autour de moi. Puis François Maitia est revenu et les militants ont tranché, et les instances nationales ont fait part de leur accord. Il n’y a donc pas lieu à la polémique. Je trouve que l’on a beaucoup donné la parole à un candidat malheureux, alors qu’on a oublié de me donner la parole à moi. Mais ce n’est pas grave...
Vous aurez donc le soutien de François Maitia ?
S’il veut me soutenir ce sera avec grand plaisir.
En revanche, allez-vous reprendre les sujets que François Maitia défend, comme le département Pays Basque et la Chambre d’agriculture du Pays Basque ?
Sur le département, je propose qu’un référendum se tienne conforme aux lois de la République. La question du référendum devrait également régler la question de la Chambre d’agriculture. Si nos concitoyens se prononcent pour la création d’un département Pays Basque, la création d’une Chambre d’agriculture viendra automatiquement.
Quel bilan faites-vous du mandat du député Jean Lassalle ?
J’ai une autre conception de la politique, qui n’est pas réservée à des professionnels en campagne électorale permanente, pour faire parler de leur personne. Nous avons besoin de députés qui représentent cette partie du territoire, rurale et industrielle à la fois. J’estime indispensable de maintenir le service public en milieu rural. Sarkozy veut le non-renouvellement des fonctionnaires qui partent à la retraite, et sur le terrain on connaît les conséquences: réduction du nombre d’enseignants, des services aux personnes, des services médicaux, des services publics en milieu rural etc. Je suis également opposé à la politique départementale en matière de déchets, portée par les deux membres de l’exécutif départemental qui sont candidats aux élections, MM. Lucbéreilh et Lassalle.
C’est-à-dire...
Il est évident que je ne partage pas leur idée de créer des énormes montagnes de déchets en zone rurale avec les déchets urbains.
Quelle solution préconisez-vous?
De refuser les méga-décharges telles que j’ai sur mon canton. Un équipement obsolète et dangereux. C’est donc des projets qu’il faut absolument refuser, et poursuivre la politique de réduction de déchets.
Mais tant que les habitudes ne changent pas...
Trouver des solutions dans l’urgence, j’ai déjà donné dans mon canton. Une fois que ces décharges sont construites il n’y a pas de recherche d’autres solutions. On vous impose des équipements dans l’urgence et rien n’est fait pendant 20 ans, ou plus.
Jean Lassalle fait partie des lieutenants de François Bayrou. Quel est votre avis sur leur discours, ni droite, ni gauche ?
Quand vous savez que derrière François Bayrou il y a un économiste comme Edmond Alphandery, monétariste, élevé à l’école de Chicago, néolibéral s’il en est... ils ne trompent personnes. Ils sont bien de droite, et néolibéraux. Jean Lassalle fait partie de l’exécutif départemental avec des décisions qu’il partage avec Hervé Lucbéreilh, comme la transnavarraise.
Mais la transnavarraise est aujourd’hui remise en question par vos deux concurrents...
Moi je crois que c’est un peu malhonnête de leur part. Ils font partie de ceux qui ont décidé de la création de cette transnavarraise. Je fais partie des gens qui en ont assez de voir des élus qui font quelque chose et en campagne disent le contraire. C’est-à-dire manifester contre les décisions qu’ils prennent eux-mêmes, pour plaire à tout le monde. La transnavarraise mettra en concurrence les territoires, la Basse-Navarre et le bassin de Pampelune, un territoire très compétitif avec des coûts de production bien plus bas que chez nous. Cette mise en concurrence relève d’une idéologie néolibérale bien marquée chez mes compétiteurs. C’est pour cela qu’il faut voir de près quelles sont les décisions prises et sur quelles bases idéologiques elles sont fondées. On connaît ce qu’il se passe partout sur la planète, dès qu’il y a une région attractive elle pompe tout. Du coup, avec la transnavarraise notre activité économique sera aspirée vers Pampelune et il nous restera qu’une fonction résidentielle et de villégiature avec les conséquences que l’on connaît en matière de pression foncière.
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