Dopage
Riis : "Je m’achetais moi-même l’EPO"
Lors d’une conférence de presse, Bjarne Riis, vainqueur du Tour de France 1996, a avoué hier qu’il s'était dopé à l’EPO lors de sa carrière, entre 1993 et 1998. Le Danois adopte donc la même attitude que plusieurs de ses anciens équipiers chez Telekom, notamment Erik Zabel. Lorsque Bjarne Riis a annoncé qu’il tiendrait une conférence de presse hier après-midi, chacun s’est demandé si le Danois allait livrer une confession forcément éprouvante pour lui, ou s’il se rangerait sur la ligne Jan Ullrich, celle de la dénégation. Après les aveux de Dietz, Henn Bölts, Aldag, Zabel, Riis et Ullrich étaient en effet les deux dernières grandes figures de l’équipe Telekom des années 90 à ne pas avoir admis leur consommation d’EPO au c¦ur des années 90. En l’espace de 48 heures, l’omerta s’est brisée. Et Bjarne Riis, à son tour, a choisi de dire la vérité. Oui, il s’est bien dopé à l’EPO au cours de sa carrière, entre 1993 et 1998, chez Telekom. Dans une déclaration, Riis n’a laissé planer aucune ambiguïté, assumant pleinement ses responsabilités. "J’ai pris des substances prohibées, j’ai pris de l’EPO. Je les ai achetées moi-même et je les ai prises seul". On ne peut être plus clair. "Quand j’étais coureur dans les années 90, a-t-il confié, j’ai beaucoup travaillé pour obtenir ces résultats. Tous les jours. Et j’ai aussi fait beaucoup de sacrifices pour faire partie des meilleurs. À cette époque, se doper n’était pas la bonne solution. Cela veut dire aussi que j’ai fait des choses que je n’aurais pas dû faire et que j’ai toujours regrettées depuis. Ce sont des erreurs dont je prends l’entière responsabilité et je ne blâme personne d’autre que moi pour ça".
"Je ne suis pas digne de cette victoire"
Une vraie bombe. Plus encore que celle de Zabel, la confession de Bjarne Riis fait l’effet d’une bombe, parce que le Scandinave possède un statut d’ancien vainqueur du Tour de France. C’est lui qui avait mis un terme au règne du grand Miguel Indurain, lors de la Grande Boucle 1996, qu’il avait littéralement écrasée. "Je ne suis pas digne de cette victoire", a-t-il admis. Comme beaucoup, il estime avoir été trop faible pour résister à la tentation : "Nous avons tous fait des erreurs et je pense que ma plus grande erreur est d’avoir laissé mon ambition prendre le meilleur sur moi-même".Riis l'assure, il a tiré les leçons du passé. "J’ai dû vivre avec ça longtemps et je suis heureux de dire que je suis plus sage maintenant. Aussi bien dans ma vie personnelle, que professionnelle", confesse-t-il. Cela suffira-t-il à convaincre CSC de poursuivre sa collaboration avec l’ancien maillot jaune ? La position sera difficilement tenable.
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