Liga - 36e journée
"Il n’y a pas d’arrangement"
·Osasuna-Real Sociedad à Pampelune, le derby basque de demain suscite des interrogations
Difficile de ne pas y penser. La situation de la Liga est telle que les comptes d’apothicaire sont de rigueur à trois journées de la fin. Notamment pour les équipes concernées par la relégation, et encore plus pour les formations basques dont l’une des trois s’érige plus que jamais en arbitre de la saison. En effet, après sa victoire à Levante la semaine passée (1-4), Osasuna pourrait avoir la clé du maintien entre les mains.
Une clé qui intéresse, entre autres, les voisins Real Sociedad et Athletic de Bilbao frappés de plein fouet par l’imbroglio de la relégation. D’autant que les txuri-urdin se déplacent demain dans la capitale navarraise. Alors, bien sûr, la "solidarité basque" est en bouche de tout le monde.
Reste que les Navarrais n’ont pas encore mathématiquement assuré leur pérennisation dans l’élite. Il manquerait un petit point aux hommes de Ziganda, à moins que Levante ou Athletic de Bilbao flanche à nouveau ce week-end.
Osasuna pourrait donc "lever le pied" le temps d’une rencontre. Sauf que la victoire de la Real à Pampelune ne fait pas forcément les affaires de Bilbao. Et l’Histoire semble poursuivre ces trois équipes. Personne n’a effectivement oublié la victoire d’Osasuna, en juin 2001 à Anoeta (0-1), sans quoi les Navarrais auraient perdu la catégorie. Osasuna étaient alors coaché par... Lotina, aujourd’hui entraîneur de la Real. Pas plus que le succès de Bilbao à San Mames (3-1 face à Rayo Vallecano) lors de la dernière journée de la saison 1995-96 grâce à un hart-trick de... Ziganda, aujourd’hui entraîneur d’Osasuna. Bref, une corrélation affective difficile à gérer.
Démenti général
Quoi qu’il en soit, les dirigeants des trois parties se sont empressés de démentir toutes sortes d’arrangements dès le début de la semaine. "On ne va pas nous faire de cadeau" a assuré Garitano, certainement forfait pour demain, "Avec 40 points, ils sont pratiquement à l’abri mais pas tout à fait. S’ils perdent contre nous et que le reste des résultats est mauvais, ils peuvent encore se compliquer la vie. Il faudra donc que nous soyons à notre meilleur niveau".
Même discours chez l’entraîneur d’Osasuna pour qui "les commentaires sur le sujet sont inévitables, mais nous devons rester à l’écart. L’enjeu est également très grand pour nous. Si quelqu’un a l’esprit tordu, c’est qu’il n’a jamais joué au football, ou alors qu’il n’a pas bien calculé. On a besoin de points. Si nous perdons le goal-average sera favorable à la Real. Et si la semaine prochaine ils gagnent contre Santander et que nous perdons face au Betis, nous nous présenterions à la dernière journée avec un seul point de différence et le goal-average défavorable".
Sur le fait que les buts de la Real Sociedad sont habituellement applaudis par les supporteurs à Pampelune, Ziganda le trouve logique. "C’est normal. Il y a des équipes qui sont plus aimées que d’autres, comme partout. À Pampelune, ils applaudissent les buts de la Real Sociedad et ils sifflent ceux du Real Madrid. C’est comme ça. En revanche, s’il faut choisir entre nous et eux, ce sera toujours nous".
Levante en délicatesse
Du côté de Bilbao, on prépare la réception de Majorque à San Mames, pour autant on surveillera de près le derby de Pampelune. Igor Gabilondo, ex-joueur de la Real, espère surtout que les Navarrais joueront le jeu: "Je ne pense pas qu’Osasuna se laissera gagner. Ils ne sont pas encore à l’abri. En revanche, j’espère que l’Athletic survivra en D1, tout comme la Real, et que ce soit Levante qui soit relégué cette année".
Les Valenciens ont effectivement le calendrier le moins évident. Ils se déplacent à Santander, accueillent Valence toujours en course pour le titre et termineront la saison à San Mames. Certainement la finale de toutes les finales.
Milosevic : "Dans la rue, les gens nous demandent de nous laisser gagner"
Après les bruits de couloir, l’attaquant serbe d’Osasuna a souhaité clarifier la situation avant le derby de demain à Pampelune : "Il y a mille raisons pour ne pas nous laisser gagner, et aucune pour leur laisser la victoire. En revanche, Milosevic a reconnu que "les gens, dans la rue, nous demandent de les laisser l’emporter" tout en précisant ne pas comprendre cette attitude, d’autant qu’Osasuna n’a pas encore assuré le maintien. "Je n’y crois pas. Mathématiquement, il nous faut un point. Un point c’est peu, mais ça peut devenir beaucoup à trois journées de la fin face à des adversaires qui jouent le couteau sous la gorge. Si nous perdons les trois rencontres... J’ai déjà vu des équipes reléguées alors qu’elles ne le pensaient pas à l’avant-dernière journée.
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