Antton Curutcharry, Evariste Laco, Andde Sainte-Marie / Abertzaleen Batasuna de Basse-Navarre
Mr Lasserre, écoutez et comprenez la Base Navarre
C ’est ce que vous aviez promis de faire, Monsieur le président Lasserre, concernant votre projet de voie à grande capacité qui traverserait la Basse-Navarre. Il est donc maintenant l’heure de passer des paroles aux actes.
Ne vous rendez-vous pas compte à quel point la société de notre territoire est troublée par votre projet ? N’avez-vous pas encore réalisé que l’écrasante majorité des Bas-Navarrais a répondu NON une bonne fois pour toutes à votre entreprise aussi scandaleuse qu’irresponsable ?
Il n’est pas dans notre intention d’entrer ici dans des explications sur les conséquences irréversibles que la concrétisation de ce projet signifierait pour l’environnement, ni sur les graves problèmes que cela entraînerait dans différents secteurs économiques de notre territoire ; d’autres l’ont démontré, nous-mêmes l’avons déjà fait. Entendez, Monsieur Lasserre, le cri de la Basse-Navarre ; respectez la parole que vous avez donnée. Vous devez nous écouter et nous comprendre. Nous comprendre, pour enfin véritablement engager une concertation avec la population, dialoguer pour imaginer des alternatives nouvelles, acceptables par tous et qui pourraient garantir un véritable développement durable de notre territoire. Pour parvenir à ces objectifs, vous avez, ici, en Basse-Navarre, des interlocuteurs plus que crédibles : la majorité absolue des élu(e)s politiques qui a déjà répondu NON à votre projet, de manière démocratique mais déterminée. Ils attendent de votre part un peu plus de clarté et des débats véritablement productifs. Ils aimeraient pouvoir apaiser les esprits et les c¦urs de nombre de leurs concitoyens dans lesquels la peur s’est installée. Des esprits et des c¦urs dans lesquels VOUS avez installé une peur véritable !
Ne croyez-vous pas que la fonction première de tout responsable politique est de faire parvenir aux grands décideurs les préoccupations et les inquiétudes de leurs administrés ? Une large majorité des élus de notre territoire n’a pas fait autre chose, ces derniers temps. Une large majorité, mais pas tous. Certains, rares, comme vous avez dû le remarquer vous aussi, Monsieur Lasserre, n’ont pas été capables de relayer le message de vive inquiétude de leurs concitoyens jusqu’à Pau. L’un d’entre eux, par exemple, est pourtant bien concerné par l’affaire : il est conseiller général du canton d’Iholdi-Oztibarre. Jusqu’à présent, il est pourtant resté silencieux et muet, dans la confortable position de celui qui ne prend pas position ! Vous aussi, avez dû donc remarquer quelle haute idée ce personnage se fait de sa fonction. Il est vrai que les élections cantonales ne sont encore qu’un horizon lointainŠ
Nous voulions également vous confirmer, pour le cas où vous l’auriez oublié, qu’en tant que Navarrais et abertzale, notre implication dans le rapprochement des deux versants de la Navarre est entière et ancienne, ce qui n’est certainement pas votre cas. Oui, nous soutenons qu’il faut rapprocher Tudela de Maule, Tafalla de Baigorri, Zangotza de Donapaleu ou Lizarra de Garazi ! Nous ne doutons pas non plus qu’une amélioration des voies existantes soit nécessaire à la concrétisation de cette union entre les deux Navarre, même si ce n’est, loin s’en faut, la seule solution. Cet indispensable rapprochement, Monsieur Lasserre, n’a absolument pas besoin du projet pharaonique que vous tentez de nous imposer : commencez donc par arranger et entretenir, loin du fracas médiatique, les routes actuelles qui passent par Izpegi, Arnegi et Urkiaga. Il va sans dire que vous avez également dû remarquer que, en ce qui concerne la proximité et les intérêts locaux, les hôpitaux ou n’importe quel service public, Aldude et Urepele sont plus proches de Pampelune que de Bayonne !
Une dernière et humble recommandation, Monsieur Lasserre, avant de laisser là notre propos : mettez à profit vos fonctions pour impulser le contournement de Saint Jean-Pied-de-Port qui fait tant parler de lui. Oui, ceci est aussi de votre responsabilité : vous vous devez de finaliser ce dossier avec volontarisme et courage, en étroite concertation avec la communauté de communes de Baigorri-Garazi. Nous sommes persuadés que vous en avez la volonté. A vous de faire bouger les inerties ambiantes et locales de ce dossier !
Nous en terminons ici, vous rappelant une nouvelle fois que vous ne pourrez en aucun cas concrétiser le projet qui vous trotte dans la tête sans causer des dommages irréversibles. Car votre projet est vécu ici comme un véritable viol. Car enfin, le comportement de mépris extrême que vous avez adopté ne pourra qu’engendrer des réactions collectives très duresŠ
Notre conviction dans les valeurs fondamentales de la démocratie ainsi que dans l’intérêt général du débat politique auxquels vous vous dites attachés, nous fait espérer que vous tiendrez parole et que vous entendrez et comprendrez la Basse Navarre.
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