Saudade pour ouvrir le bal à Hendaye
·La compagne Dos à deux présente ce soir Saudade terres d’eau en ouverture du 23e Mai du théâtre sur le thème de l’exil
Il y a la vieille, d’une vieillesse éternelle, d’un bon sens qui ne résiste pas aux sentiments pour dire la jalousie d’un amour filial qui change de jupons ou pour être brutalement égarée dans l’exil. Une belle vieille attentive, qui a le sens de l’histoire et de la responsabilité, le sens de la vie et la mélancolie d’une chef de tribu impuissante. Il y a son garçon, un peu jeunot, un peu perdu dans son rôle d’homme nourricier, mais vigoureux lorsqu’il faut affronter la vie. Et puis il y a sa femme, génitrice un peu égarée par l’ombre de sa belle-mère qui l’a choisie, un peu empruntée et puis aimante et finalement pleine de ressources et d’initiatives lorsqu’elle devient mère à son tour. Une grande tristesse habite ces trois personnages muets, affligés par un exil contraint. Une grande solitude qui submerge cette famille lorsque la mer paisible qui entoure leur maison sur pilotis et leur bonheur frugal se retire.
Complainte de vie
C’est le départ du clan qui s’agrandira ailleurs et trimbale son errance comme ses souvenirs dans une complainte de vie et d’affliction. Ces sentiments qui entourent le groupe d’une aura lumineuse naissent dans des gestes qui en révèlent la poésie désolée, comme cette musique de la mélancolie et de la solitude, la Saudade qui reste quand tout meurt et fait tinter une vie qui s’accroche. "Soledade" et "saudação", la solitude et les saluts de ceux qui se quittent ou se retrouvent. Saudade terres d’eau est une question de survie et d’enfantement posée par la Compagnie parisienne Dos à Deux pour illustrer, ce soir, le thème de l’exil en ouverture du festival le Mai du théâtre.Le thème de cette 23e édition permettra à Hendaye, de découvrir ce travail délicat où rien n’est dit et tout est montré.Un théâtre ciselé qui a reçu le prix du public de l’Adami au festival off d’Avignon en 2005. Une troisième création qui prolonge le travail de recherche de la Compagnie sur la théâtralité du geste, à la lisière évoquée de la danse, du théâtre et de ses hymnes. Une belle réflexion qui, à Hendaye, se prolongera dans un état de travail de la dernière création du Théâtre des Chimères sur les grands Singes, en quête de leurs postures précises pour en révéler toute la troublante humanité et débusquer ces instincts de vie dont sont si bien pourvus les grands hommes dans leur quotidien.
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