Des eurodéputés se prononcent contre l’interdiction de candidatures
·Dix-sept députés européens ont présenté hier une déclaration contre les illégalisations
Un groupe de dix-sept eurodéputés a présenté hier une déclaration concernant les procédures d’interdiction engagées par l’Etat espagnol à l’encontre des listes électorales de la gauche abertzale. Les parlementaires européens, appartenant au groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique ainsi qu’au groupe des Verts/Alliance libre européenne, s’adressent dans leur déclaration au gouvernement socialiste espagnol pour que les interdictions cessent et pour qu’un processus démocratique de résolution du conflit s’amorce en Pays Basque.
Les signataires rappellent qu’après l’interdiction du nouveau parti politique créé par la gauche abertzale, ASB (Abertzale Sozialisten Batasuna), "plus de 82 000 Basques ont soutenu par leurs signatures la création de 225 candidatures" afin de participer aux élections qui auront lieu ce dimanche. "La justice espagnole, après les pétitions faites par le Procureur et le Gouvernement lui-même, a interdit toutes ces listes de candidats promues par la gauche indépendantiste du Pays Basque", rappellent les députés tout en ajoutant que "133 autres candidatures du parti politique historique ANV ont aussi été interdites par l’État espagnol", alors qu’il s’agit d’une "formation politique légale créée en 1931 et avec une longue tradition de combat contre le fascisme".
"La Police Nationale espagnole, la Garde Civile espagnole et la Police autonomique basque (Ertzaintza) ont examiné plus de 11000 citoyens, parmi eux la plupart des candidats, pour justifier cette décision Œjuridique’. Des listes contenant le passé idéologique de citoyens ont été expédiées des bureaux de police aux Tribunaux" critiquent les députés. Selon eux, la loi sur les Partis politiques a été "utilisée ou employée improprement pour interdire toutes ces listes". Une loi, soulignent-ils, "considérée par des associations européennes des Droits de l’Homme et des associations juridiques comme étant un pas en avant dans la criminalisation d’idées".
Implication internationale
Les dix-sept membres du Parlement européen signant cette déclaration, parmi lesquels on retrouve des élus catalans, irlandais, allemands, suédois, néerlandais ou tchèques, considèrent que l’interdiction des listes électorales représente "une attaque sérieuse à l’encontre des droits civiques et politiques fondamentaux en Europe". Ils estiment par ailleurs que cette décision entraîne "des difficultés sérieuses" à la mise en place d’une "solution démocratique du conflit en cours dans le Pays Basque". C’est pour cette raison que les députés lancent "un appel à l’Etat espagnol pour arrêter de telles mesures et promouvoir le respect de droits civiques et politiques".
"Au Pays Basque, une résolution du conflit politique paisible, sans aucune violence, est nécessaire", soulignent-ils. "Tous les acteurs internationaux, y compris nous, devraient promouvoir cette solution politique basée sur le respect de tous les droits individuels et collectifs".
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