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Les cultures arabe et basque se mêlent pour la cinquième biennale d’Art contemporain de Navarre
·35 artistes à Saint-Jean-Pied-de-Port du 26 mai au 3 juin pour une édition qui coincide avec la fête de Garazique
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Le monde arabe sera à l’honneur de la cinquième Biennale d’Art contemporain de Navarre qui s’ouvrira ce vendredi à Saint-Jean-Pied-de-Port et jusqu’au dimanche 3 juin.Une grosse semaine où l’art contemporain aura pignon sur rue et envahira les vitrines des commerçants et des lieux publics grâce aux ¦uvres de 35 artistes plasticiens professionnels. Cette cinquième édition permet de mesurer la notoriété grandissante de la manifestation où des artistes lyonnais, parisiens et d’horizons lointains viennent à la rencontre des artistes du Pays Basque nord et sud au fil des expositions, des animations gratuites, des concerts et des débats. Un intense week-end de Pentecôte pour ouvrir le bal, qui se prolongera, caprice du calendrier, par le rendez-vous musical et printanier Garazique, ces samedi et dimanche, dans l’herbe tendre et sous les arbres centenaires des Allées Luzia.
Mais à Donibane Garazi, la culture basque a surtout rendez-vous avec la culture arabe.La quatrième édition avait mis à l’honneur Dali et le graveur Raphaël Kleweta. Auparavant, l’artiste chinoise Zhu Xintian et M. Cro Magnon avaient été eux aussi sous les feux des projecteurs. Cette fois, le plasticien algérien M. Atatfa, qui expose à la Prison des Évêques, ouvrira les portes du monde arabe. Outre les nombreuses actions éducatives en milieu scolaire, des rencontres auront lieu avec le public, notamment au cinéma le Vauban où Taxim présentera ce vendredi soir un hommage poétique et musical à Omar Khayyâm. Oud, flûtes, cor, vielle à roue, santour, zarb, daf caresseront les quatrains du poète, lus et interprétés en langue arabe, soufi, espagnole et basque. Un grand festin de l’Orient, qui par la liberté de ton et de pensée est aussi une satire sociale et religieuse et une méditation sur l’existence. A ce concert succédera, le mardi 29 mai, toujours au Vauban, un ciné-débat autour du film Allez Yallah en présence du réalisateur Jean-Pierre Thorn.Une rencontre avec les pays du Maghreb et les résistances féminines à l’obscurantisme islamiste. Enfin, des rencontres sont prévues autour des ¦uvres du peintre invité M.Atatfa à la Prison des Évèques et des ateliers d’art plastique, consacrés à la calligraphie orientale, seront proposés à la salle d’exposition de la mairie et Allées Luzia, sur le site de Garazique.
Garazique
Cette fête musicale et associative prendra ses aises tout ce dimanche, de 14h à minuit, sur ces allées vidées de leurs voitures et rendues aux promenades piétonnières, aux siestes heureuses, aux animations artistiques, et surtout aux quatre scènes musicales, aux musicien(ne)s, danseurs(ses), ou aux terrasses improvisées autour des "ttattoles" associatives.Le coup d’envoi de Garazique sera donné samedi dans les rues de la vieille ville après le traditionnel Musika Ibilaldia mené par les écoles de musique.Musique non-stop, autour d’une douzaine de groupes qui monteront sur scène, comme cette bizarrerie musicale des Wackies, la java ska rock de Gaston le fervent, les guitares drôles et sensibles de Saioa, le come-back du groupe Zein Ere, les danses basque et africaine de Begirunea et l’explosif Nico Wayne Toussaint pour clôturer la journée après l’expression des fanfares, comme ces Monty Picon breton ou Los Pellos et leur swing punk.
Les chaises surréalistes de Juan Gorriti
N. B.
Dans le cadre de la Biennale de l’Art Contemporain à Saint-Jean-Pied-de-Port, qui aura lieu du 25 mai au 3 juin, l’association Itzal aktiboa organise une exposition des chaises surréalistes du sculpteur navarrais Juan Gorriti, accompagnées d’une nouvelle série de tableaux de Josette Dacosta. C’est en 2003 que Gorriti a créé pour la première fois une série de 13 chaises, chacune débordant d’une folie d’excroissances baroques, en hommage au sculpteur Jorge Oteiza, décédé la même année. Certaines étaient faites en métal, comme par exemple celle composée d’un guidon et des pièces d’une vieille bicyclette, d’autres en bois, décorées de toutes sortes d’ornements. Toutes étaient recouvertes de pigment et de chaux bleu clair, comme le faisaient autrefois les villageois navarrais pour peindre l’intérieur de leurs maisons et les étables. Aucune ne permettait de s’asseoir confortablement.
Quatre ans plus tard
La plupart de ces chaises-là ont été vendues. Quatre ans plus tard, Gorriti recommence. Cette fois-ci, il ajoute des éléments de sa vie quotidienne et de son enfance : une poêle qu’aurait utilisée son grand-père pour faire frire des ¦ufs, le moulin à café de sa mère, des outils agricoles d’autrefois. Certaines de ses chaises permettent à l’amateur de s’y asseoir. Mais seulement à condition de faire voisinage avec une faune inattendue. En effet, Gorriti a prévu des cages à lapins et à poules qui font partie intégrale de l’¦uvre et dont les occupants devraient participer à l’exposition. "Mon idée, explique l’artiste, est de faire entrer la nature dans l’art." C’est la même idée qui anime les paysages de Dacosta, dans lesquelles les pigments font partie commune avec des bouts d’affiches décollés des murs environnants et des matériaux organiques de toutes sortes, du foin et de la laine jusqu’aux crottes de brebis et aux bouses de vache. "J’ai voulu représenter le Pays Basque intérieur dans sa totalité," explique Dacosta, qui prépare ses compositions dans l’environnement on ne peut plus rural du village d’Ostabat. "Pour cela, j’ai souhaité inclure dans mes peintures tout ce qui m’entoure."
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