Des exilés du vent au coeur du Mai du théâtre
·A. Méjias présente à Hendaye le Sahara occidental pour illustrer l’exil
Le Mai du théâtre, qui débute demain et se tiendra à Hendaye jusqu’au dimanche 27 mai, a choisi pour sa vingt-troisième édition d’aborder le thème de l’Exil. Un thème qui sera décliné côté rue malicieusement par 29 spectacles gratuits et pour la plupart nomades et ambulants.Côté planches, il s’agira d’évoquer ce thème dans le burlesque accusateur de La trilogie de Belgrade d’après la Compagnie Petite âme et dans le très poétique Saudades terres d’eau de la Compagnie Dos à deux, présenté récemment au théâtre de Bayonne. Dans cette foulée, la municipalité a demandé à la photographe hendayaise Angela Méjias, d’illustrer ce thème à la Médiathèque François Mitterrand.
Bien connue pour ses barouds dans la planète et ses portraits noir et blanc, Angela Méjias a choisi de revenir à d’anciennes amours en consacrant une exposition de 35 clichés aux oubliés du désert, le peuple Sahraoui.Une page d’histoire d’une décolonisation inaboutie que la photographe refuse de tourner, depuis ses premiers clichés il y a près de 20 ans, aux derniers il y a tout juste un an.L’exposition Les exilés du vent relate ce long voyage en présentant des clichés anciens et récents, qui disent l’histoire d’un peuple affaibli par le temps, abîmé par l’aridité de sa terre, qui garde sa fierté intacte.Sur cette terre aride battue par le vent et convoitée depuis 1976 par le Maroc et le front Polisario Sahraoui, c’est l’espoir qui fait vivre.Un proverbe du Sahara résume cette pensée : "qu’importe si le chemin est long du moment qu’au bout il y a un puits".
Quelque 160 000 personnes vivent ainsi aux portes du désert en attendant un territoire qui pour le malheur de son peuple, regorge de ressources naturelles.Les Sahraouis ont construit dans l’exil un état, la République Arabe Sahraouie Démocratique. Sûrs de leur bon droit à l’autodétermination et à l’indépendance, ils savent que le puits est au bout du chemin.Dans cette attente, les camps de réfugiés portent les noms de leurs villes occupées, de leurs liens de rencontres disparus, de leurs familles dispersées : l’Ayoun, Smara, Dakhla. On les appelle les enfants des nuages parce qu’ils ont toujours poursuivi la pluie. Voilà qu’ils deviennent à Hendaye les exilés du vent.
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