Basta Ya! se transforme en "parti politique national"
·Des socialistes proches du PP intègrent cette nouvelle formation
C’était une question de temps. Le mouvement "Basta Ya!" se transformera bientôt en parti politique. L’association l’a annoncé lundi sur son site internet. Créé dans un premier temps contre l’organisation armée basque ETA, ce mouvement proche du Parti Populaire a lancé ses critiques les plus féroces contre les responsables du Parti Socialiste d’Euskadi et contre le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero en raison de leur tentative de mettre en route au Pays Basque un processus de paix.
Un groupe de 45 personnes réuni samedi à Donostia-Saint-Sébastien a décidé de mettre en place une "plate-forme pour la création d’un nouveau parti politique national", a-t-on annoncé. Un parti se voulant libre de tous les "engagements territoriaux ou clientélistes", en référence aux accords entretenus par le PSOE et les partis nationalistes basques et catalans. Le futur parti se veut aussi une "alternative au système actuel des deux partis nationaux antagonistes", et entend "promouvoir une politique d’Etat pour lutter contre l’ETA". Par ailleurs, les promoteurs de cette future formation prônent un nouveau modèle constitutionnel espagnol où toutes les communautés autonomes auraient des pouvoirs identiques.
Un site internet spécifique pour ce projet sera bientôt présenté pour qu’un débat puisse y être lancé "à travers toute l’Espagne", de façon à être prêt à l’automne 2007 à fonder une nouvelle formation politique en vue des élections législatives de 2008.
Parmi les 45 signataires de cette plate-forme on peut retrouver le philosophe Fernando Savater, la députée socialiste Rosa Díez ou le membre de Basta Ya! et militant socialiste Carlos Martinez Gorriaran. Pour le parti socialiste, cette initiative cherche à saper des voix au PSOE, ce qui bénéficierait théoriquement au Parti Populaire. Hier, le porte-parole de la formation de droite, Eduardo Zaplana, a proposé aux membres de la nouvelle plate-forme de créer "une alliance conjoncturelle" pour les prochaines élections législatives.
L’annonce de la création d’une nouvelle formation politique est vue d’un bon ¦il par l’AVT, l’une des associations des victimes de l’ETA, ainsi que par le Fro d’Ermua, tous les deux proches du PP.
La kale borroka prend le devant de la campagne
Une station de trains régionaux a été incendiée dans la nuit de lundi soir à Ortuella, dans la province de Bizkaia, dans un nouvel acte de kale borroka. "À 23h20, des inconnus ont déversé du liquide inflammable dans la salle d’attente de la gare d’Ortuella et l’ont allumé avec un feu de Bengale. Cela a généré un incendie de faible intensité, rapidement éteint par la police locale et les pompiers", a indiqué le ministère basque de l’Intérieur.
Ce n’est pas le seul acte de violence urbaine enregistré ces derniers jours. À l’approche de la campagne électorale où la gauche aberzale est interdite de participation dans plusieurs communes, la kale borroka s’est intensifiée. Le week-end dernier, des groupes de jeunes ont brûlé le bus de campagne électorale du PNV à Vitoria-Gasteiz. Toujours dans cette ville, des inconnus ont également lancé plusieurs cocktails Molotov sur un distributeur automatique.
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