Dix-huit ans déjà qu’à l’ombre du fronton d’Ordiarp, les musiques du monde accaparent la scène pour le plus grand bonheur du public toujours plus nombreux. L’édition 2007 ne manquera pas à la règle avec des mélodies serbo-bosniaques, occitanes ou acadiennes. Les groupes qui se produiront cette année encore n’ont pas la faveur des grands médias et en les invitant les organisateurs veulent remédier à ce qu’ils considèrent comme une injustice.
"Comme les cultures minorisées en général, ces groupes, qui sont de très grande qualité, sont boycottés par les grands médias", estime Dominika Aguergaray, l’un des responsables de Bil Xokoa.
L’association organisatrice sait ce qu’elle veut et au fil des ans elle a su tisser un réseau de relations dans les différentes régions régulièrement invitées à Ordiarp pour concocter une programmation riche et variée. "Nous avons des contacts dans bon nombre de régions pour nous informer sur les groupes du moment. Nous expliquons le type de musique que nous voudrions et on nous fait des propositions", indique D.Aguergaray. "Ces dernières années, de plus en plus de groupes se proposent eux-mêmes pour venir jouer à Ordiarp. Certains sont très intéressés par les échanges avec le Pays Basque", ajoute-t-il.
Bil Xokoa travaille également en relation avec Herri Urrats et le festival des Transhumances Musicales de Laas (Béarn). "Les groupes préfèrent se déplacer pour plusieurs dates. Cela nous permet aussi de bénéficier de meilleurs tarifs", note Bil Xokoa. Un détail qui a son importance quand on sait que les concerts de Müsikaren Egüna sont tous gratuits. Ajouté au charme bucolique du lieu et à la clémence annuelle des cieux sur l’événement, et tous les ingrédients sont réunis pour que le public plébiscite ce rendez-vous printanier.
Au fil des ans, Müsikaren Egüna s’est étoffé et compte aujourd’hui quatre jours d’animations. Ce soir, un débat ouvrira l’édition 2007 avec une réflexion sur la situation du pastoralisme et son avenir (lire ci-dessous). Vendredi, les jeunes de Licq interpréteront une pièce de théâtre de leur composition. La musique aura toute sa place samedi et dimanche. Samedi, en acoustique, Officina Zoé, Chet Nunêta, Etxegoihen Ahizpak et Louloudjine se produiront à l’église, qui risque encore d’être trop petite. Les participants à Herri Urrats ont eu un avant-goût d’Officina Zoe puisque les Italiens venus de la région de Salento se sont produits près du lac dimanche dernier. Profondément attachés à leur terre, les sept artistes du groupe font renaître depuis maintenant près de 15 ans la musique traditionnelle de leur région. Les polyphonies féminines de Chet Nunêta, qui reprennent des airs des quatre coins du globe, devraient aussi rencontrer un succès certain. Comme Officina Zoé, les serbo-bosniaques de Louloudjine seront sur les planches samedi soir mais aussi dimanche. Dragan et ses compères font du rock alternatif avec des vieux airs de musique tzigane. De quoi mettre de l’ambiance près de la rivière. Surtout que le public devrait être d’attaque après une entame d’après-midi avec les percussions et danses de Burrunka. Beñat Amorena et la trentaine d’artistes qui l’entourent ouvriront le bal à 15h15 précises. Ils seront suivis des Acadiens de Châkidor tandis que le ska occitan de Gaston le Fervent terminera la soirée. En intermède, les démonstrations des Speiz Mukaki devraient encore faire grand effet.