16 mai 1878 il y a 129 ans :
Cour d'Assises : Le 25 février dernier, vers six heures du matin, une jeune fille de Ciboure, âgée de 17 ans, Marie Martiréna, se rendait à Fontarabie, accompagnée de son frère âgé de 10 ans, en suivant un chemin qui longe la mer. Tout à coup, elle fut assaillie par un jeune homme qui l'avait vue partir, l'avait dépassée, et était allé la guetter au passage. L'agresseur se jeta sur la jeune fille et pour étouffer ses cris lui mit une pierre dans la bouche ; la victime s'étant relevée, il la terrassa de nouveau, chercha à vaincre sa résistance, et lui introduisit avec force la pierre dont il était armé dans les parties génitales. Furieux de la résistance qu'il rencontrait, il porta à la jeune fille trois coups de couteau qui percèrent ses vêtements, mais furent heureusement arrêtés par les baleines du corset. Pendant que ces faits s'accomplissaient, le jeune Martiréna, effrayé, courait chercher du secours. La malheureuse jeune fille remit à son agresseur une somme de 13 fr. 55, ainsi qu'une paire de souliers ; à ce prix, le malfaiteur consentit à s'éloigner après avoir, toutefois, rendu à la fille Martiréna quelques sous et la paire de souliers. L'auteur de ce crime était inconnu de Martiréna ; mais sur ses indications et les recherches qui furent faites, il fut retrouvé et reconnu par elle et par son frère, parmi les ouvriers de la carrière de Ciboure, c'est le nommé Augustin Michélina, âgé de 20 ans, originaire de Renteria. Malgré toutes les charges relevées contre lui, l'accusé s'est obstiné à nier les faits qui lui étaient reprochés. D'après le verdict du jury, négatif quant à l'attentat à la pudeur et affirmatif quant au vol qualifié, Michélina a été condamné à huit ans de travaux forcés et vingt ans de surveillance.
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