Le CDDHPB (Comité de Défense des Droits de l’Homme en Pays Basque) et l’association pour la défense des prisonniers politiques basques Askatasuna organisent les 25 et 26 mai deux journées autour de la XIVe section antiterroriste du Tribunal de Paris à l’occasion du 20e anniversaire de la création de cette cour spéciale.
Ces "rencontres pour la défense des libertés" qui ont été baptisées Askatasun Oihua [le cri de la liberté] se veulent "un lieu d’échange et de partage ouvert à toutes les personnes et organisations attachées à la défense des droits des libertés", a déclaré Koko Abeberry, responsable de la CDDHPB. Selon cet ancien avocat du barreau de Bayonne, ces rencontres "souhaitent s’inscrire dans la durée".
Pour cette première édition, l’objet du débat sera donc la XIVe section antiterroriste créée sous l’égide des lois Pasqua de 1986 et calquée sur l’Audience Nationale espagnole, héritière du Tribunal d’Ordre Publique de la dictature franquiste chargé de juger des affaires mettant en cause la dissidence politique.
"Nous voulons illustrer le mieux possible ce que cette section antiterroriste représente, comment les libertés démocratiques sont bafouées par cette cour spéciale". Un tribunal qui a été créé parce qu’il y avait un problème basque avec l’ETA, Iparretarrak et les GAL", a ajouté Koko Abeberry. "Les Basques sont les premiers visés et nous le sommes encore, tout comme les Corses".
C’est d’ailleurs une affaire corse qui ouvrira les journées, vendredi 25 mai à 21h à l’IUT du Château Neuf. Jean Castella, relaxé lors du procès d’Erignac, "témoignera sur le montage policier dont il a été victime". Le porte-parole du Comité Anti-Répression corse, Domenicu Tasani fera quant à lui une analyse sur les agissements de la DNAT (Division Nationale Anti-Terroriste) en Corse.
Le lendemain à partir de 9h30, Koko Abeberry dressera un bilan sur les procès qui se sont déroulés avant la création de la XIVe section. Didier Rouget, avocat et membre de l’observatoire des droits de l’Homme Behatoki présentera les législations antiterroristes, alors que l’avocate du barreau de Bayonne Yolanda Molina centrera son intervention sur la pratique de cette cour spéciale durant ces 20 ans d’activité.
À 11h30, l’avocate Xantiana Cachenaut interviendra sur une affaire où deux avocats du collectif des prisonniers politiques basques Itziar Larraz et Unai Errea sont poursuivis par la XIVe section. Ce dernier sera lui aussi présent au débat.
Enfin, à 15h, les avocats du barreau de Donostia Arantxa Zulueta et Aitor Ibero feront le point sur le macro-procès 18/98 qui se poursuit à l’Audience Nationale espagnole et dans lequel près de deux cents personnes sont mises en cause.