Dopage
Dopage : les grands patrons font "l’union sacrée"
·McQuaid, président de l’UCI, Prudhomme, directeur du Tour et Lefèvre, représentant des équipes, ont pris des fermes résolutions
Les patrons du cyclisme mondial ont décrété hier "l’union sacrée" contre le dopage à l’issue d’une réunion à Moudon (ouest), en augmentant les contrôles antidopage inopinés dans la période précédant le Tour de France. La plupart des équipes sont également prêtes à évincer des coureurs officiellement impliqués dans l’affaire de dopage Puerto, selon le président de l’Union cycliste international (UCI), Pat McQuaid, le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, et le représentant des équipes, le Belge Patrick Lefèvre, également manager de Quick Step. "Il faut qu’on sorte du tous pourris, ’tous dopés’, parce que ce n’est pas vrai", a affirmé hier M. Prudhomme. "Nous ne pouvons nous en sortir que si nous sommes ensemble et notre présence tous les trois, sur ce point-là, c’est précisément la preuve d’une union sacrée dans la lutte contre le dopage", a-t-il ajouté. "Le cyclisme a déjà pris plus de mesures que tous les autres sports réunis en termes de lutte contre le dopage. Donc s’il y avait un miracle, le problème serait déjà réglé depuis dix ans. Or, on ne l'a pas réglé, c’est dire qu’il y a besoin d’une volonté", a affirmé M. Prudhomme. Il a également souligné qu’aucun coureur officiellement cité dans l’affaire Puerto n’avait participé dimanche au dernier Liège-Bastogne-Liège.
Aller au bout de l’affaire Puerto
Pour sa part, M. McQuaid a estimé que ce front commun, en dépit de quelques divergences entre les équipes, les organisateurs de courses et l’UCI, constituait un acte décisif pour l’avenir du cyclisme. "C’est important pour le cyclisme, a-t-il déclaré. Le cyclisme souffre, il souffre beaucoup en ce moment, avec toutes ces affaires en cours, comme l’opération Puerto, avec Ullrich, et Basso maintenant... Nous devons mettre toutes ces affaires derrière nous. Il faut que nous allions au bout de l’affaire Puerto, pour savoir qui est exactement impliqué".Les équipes, les organisateurs de courses et l’UCI ont l’intention de monter une offensive juridique commune en Espagne pour s’assurer que l’enquête Puerto va se poursuivre et que les preuves - en particulier les 6.000 pages du dossier - seront mises à la disposition du cyclisme. Pour sa part, Patrick Lefèvre a assuré que la majorité des formations cyclistes - environ 90% - était prête à ne pas sélectionner les quelque 50 coureurs officiellement impliqués dans l’affaire Puerto. Mais il a mis en garde qu’il y avait des procédures juridiques à respecter. "Nous allons appeler les équipes à prendre leurs responsabilités", a-t-il affirmé, ajoutant : "Je peux difficilement imaginer que les 10 % des équipes restantes alignent les coureurs suspectés". Les contrôles inopinés, y compris ceux effectués hors compétition, seront multipliés dans la période précédant le Tour de France le reste de l’année, a ajouté Pat McQuaid.
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