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Le JPB > L'opinion > Tribune Libre 2007-04-17
Jose Mari Sagardui / Prisonnier politique (26 ans en détention)
Journée des prisonniers politiques

Nous sommes en 2007, et des prisonniers politiques continuent d’exister dans le monde. Palestine, Pays Basque, Colombie, la Forteresse européenne, États-Unis, les prisonniers maintenus illégalement à Guantánamo-Cuba (partie de Cuba non restituée), etc. Les prisonniers politiques continuent de montrer depuis leurs prisons le chemin de la lutte et de l’engagement, chemin que nous avons pris auparavant pour combattre l’oppression, l’injustice...

Des conflits sociaux, politiques, des nations opprimées, la logique dominante de l'argent et de l'accumulation, la spéculation, l'asservissement, la destruction, se trouvent à l'origine du combat de millions d'êtres humains à travers tout le monde. Combattre pour un monde où la logique du capitalisme ne soit pas celle qui dirige la société. Combattre pour un monde où la diversité de milliers de peuples qui le forment puisse subsister.

Ce 17 avril 2007, nous devons surtout parler de l’Europe. Une Europe qui continue à avoir des prisonniers politiques, spécialement la France et l'Espagne, où des centaines de prisonniers et prisonnières politiques basques nous nous trouvons dispersés sur tous les territoires de ces deux États. Mais il y a aussi des camarades communistes, des Corses, des Galiciens, des Catalans et des Bretons. En Italie la persécution des mouvements d’opposition augmente et les mouvements indépendantistes en Sardaigne sont réprimés. En Allemagne des débats sont intervenus sur la possibilité d’élargir encore plus les peines des prisonniers politiques. Et dans tous les pays de l’Europe de l’Ouest, des syndicalistes, des travailleurs qui luttent contre l'Europe du capital, vont en prison.

La prison de Bermash, les prisons d'isolement en France, en Espagne, en Belgique et en Allemagne, nous montrent le prix si élevé que les États veulent faire payer à ceux et celles qui les combattent.

Nous devons parler aussi des cinq prisonniers de l'Empire, qui se trouvent en prison pour combattre le terrorisme que les États-Unis exercent contre Cuba ; des prisonniers portoricains, de Leonard Peltier et Mummia Abbu Jamal ; de Simón Trinité et Sonia, prisonniers colombiens aux États-Unis ; des prisonniers politiques péruviens, des mapuches, des colombiens prisonniers par le gouvernement génocidaire d’Alvaro Uribe ; des prisonniers politiques palestiniens qui se trouvent en première ligne dans la lutte contre le pillage sioniste et impérialiste dans les pays du Moyen-Orient ; du courageux peuple irakien qui continue à combattre contre la brutale agression impérialiste. Des prisonniers turcs qui continuent à combattre contre les modules d'isolement.

Mais il en a toujours été ainsi. La lutte a eu, toujours, son prix à payer, prix que tous les camarades qui luttent et combattent partout dans le monde pour changer ce monde capitaliste et le détruire pour un autre meilleur, sont disposés à payer.

Pour tout cela, nous voulons que ce 17 avril 2007 soit une journée pour revendiquer le statut de prisonnier politique pour nous tous, les militants qui aujourd'hui nous trouvons en prison en train d’accomplir une peine imposée par les juges serviteurs du capital, par les juges médaillés... Et pour réclamer, également, des conditions démocratiques pour les peuples en lutte, des conditions pour que ceux qui n’ont rien, pour que les opprimés puissent avoir des instruments de lutte similaires à ceux dont disposent les oppresseurs.

Nous vous encourageons à lancer des appels pour des rassemblements, des manifestations et pour tout autre acte revendicatif autour de cette journée, qui doit être une journée de lutte, une lutte qui a ses bases dans la lutte locale, mais qui pour cette journée-là, devrait faire référence à la lutte des autres peuples, parce que nous ne combattons pas tous seuls : d’autres peuples nous accompagnent dans leur lutte.

Une forte accolade à tous ces hommes et à toutes ces femmes, qui vivent entre quatre murs, entre des murs faits de barbelés. Une forte accolade solidaire et tout notre engagement pour continuer notre lutte et nous vous demandons de la soutenir de l’extérieur.

Vive les prisonniers et prisonnières politiques du monde ! Gora munduko preso politikoak !


 
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