Jean-Christophe Carrau, Claude Guignabert, Isabelle Guyot, Stéphanie Mariaccia, Geneviève Montaucet et Jean-Serge Saint-Avit pour le Comité Côte basque Osez Bové
Vote utile ?
Beaucoup de gens pensent voter Ségolène Royal dès le premier tour en pensant ainsi "voter utile". Analysons rapidement le fonctionnement de la vie politique française ces dernières décennies et, en fonction de cela, les conséquences réelles d'une telle attitude de "vote utile".Pourquoi nos responsables politiques se "droitisent"-ils toujours plus ? La balance globale de l'échiquier politique est complètement déséquilibrée à son extrême-droite. Les gens de la droite pure et dure, voire facho votent entre 15 % et 20 % Front National. Ils le font sans complexe et n'ont que faire du vote utile (ils savent bien que Le Pen n'a aucune chance d'être élu et qu'en votant FN, ils prennent le risque de faire gagner la gauche aux élections comme cela a été souvent le cas dans des législatives ou des cantonales). Pourtant ce faisant, ils gagnent à tous les coups: depuis 20 ans, ils "droitisent" la société, ses gouvernements et ses partis et les résultats sont très concrets: lois de plus en plus dures contre les immigrés, les pauvres, les libertés.... Quel est le mécanisme qui fait que le curseur global va de plus en plus vers la droite depuis 20 ans ? Il est très simple à comprendre : Sarkozy veut gagner une partie de ces 15 à 20 % de voix FN au premier tour ou en tout cas au second tour et du coup il droitise à fond la ligne de l'UMP. Le PS se dit que vu cette droitisation de la ligne de l'UMP, il pourrait récupérer le centre, effrayé par une telle dérive. Mais pour ce faire, il faut que la ligne du PS ne soit pas trop à gauche, qu'elle soit clairement social-libérale pour que des électeurs de droite modérée puissent lui accorder ses suffrages. Et voilà donc que le PS se droitise à son tour. Résultat des courses, imprévu cette fois : le libéral centriste profite de cette absence de différence nette entre le PS et la droite en faisant passer le message suivant dans la tête des électeurs(trices) de gauche : Bayrou n'est pas tellement différent de Royal mais par contre il a plus de chances de battre Sarkozy, donc votons pour lui. En 20 ans la logique du "vote utile" nous a amenés directement aux portes du système américain: bipolarisation entre deux partis libéraux, les républicains et les démocrates.
Le curseur du balancier
Pour gagner sur le moyen terme et faire revenir le curseur global de cette société vers sa gauche (c'est-à-dire vers plus de solidarité avec les immigrés et le tiers-monde, vers une rupture avec le tout-marché et la spéculation, vers plus de démocratie et de libertés, vers plus de défense des langues historiques de l'hexagone, de renforcement de la démocratie locale et de la diversité culturelle, vers plus de respect de la planète et de l'intérêt des générations à venir, vers plus de justice sociale et moins d'inégalités et d'exclusions, vers plus d'Europe des peuples, démocratique, sociale et écologique), il faut faire ce qu'à l'autre bout de l'échiquier font les gens de la droite pure et dure : voter pour la gauche claire et affirmée. A un poids de 15 à 20 % d'extrême-droite sur l'autre plateau de la balance doit absolument correspondre un poids équivalent sur le plateau de la gauche anti-libérale, altermondialiste et écologiste, sinon le résultat est aisé à prévoir et à comprendre.Ce n'est qu'ainsi qu'on fera revenir le PS vers des positions de gauche, et donc la droite vers des positions moins à droite, en votant au premier tour pour des candidats clairement anti-libéraux, écologistes et altermondialistes . L'autre attitude qui consiste à céder à ses frayeurs de court terme est perdante à tous les coups sur le moyen terme. Elle coûte très cher à cette société, aux plus démunis de ses membres, à ses immigrés, à son environnement et à l'avenir de nos enfants. Le 22 avril le soi-disant "vote utile" n'aura qu'une utilité : faire évoluer l'ensemble de la société toujours plus à droite ! C'est une attitude perdante à tous les coups. Pensez-y ! Le 22 avril, pour construire un autre avenir, votons Bové !
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