Soutien de José Bové et de Corinne Lepage
Dès samedi, José Bové a apporté son soutien aux
militants anti-OGM de Lur Berri. Dans un communiqué de presse. le candidat à la
présidentielle rappelle que 85% des Français se déclarent opposés aux OGM dans
les cultures et dans les assiettes. "Pourtant, et pour faire plaisir aux
multinationales de semenciers, le gouvernement a choisi le passage en force avec
un décret qui ne contient en outre aucune mesure de protection des autres
cultures" a déclaré le candidat faucheur. Il a appelé tous les citoyens à se
solidariser avec le mouvement d’Aicirits et "à imiter son exemple partout où le
même cas de figure se présente".
Les militants anti-OGM ont par ailleurs affirmé que
Corinne Lepage, soutien de François Bayrou à la présidentielle, les avait
également contactés pour se solidariser du mouvement. "Jean-Jacques Lasserre
nous a aussi indiqué qu’il était favorable à un moratoire (également demandé par
François Bayrou, ndlr) mais qu’il lui était difficile vis-à-vis des dirigeants
de Lur Berri de soutenir notre action", a déclaré un membre du collectif.
Danièle Mitterrand et sa fondation se sont également jointes à la liste des
soutiens à l’action basque, tout comme l’association Emazteek Diote qui prône
aussi une "alimentation saine".
Enfin, une trentaine de maires ont manifesté leur
solidarité avec les anti-OGM. D’autres, comme Vincent Bru, maire de Cambo,
déclarant que "cela ne [l’]intéresse pas".
"On profite de cette action pour en faire une tribune sur l’ouverture d’un débat sur les OGM", expliquaient hier les manifestants occupant la coopérative Lur Berri depuis vendredi dernier. C’est plutôt chose réussie. Les militants anti-OGM s’apprêtaient à passer hier la quatrième nuit sur place après avoir mobilisé bon nombre d’élus et même des présidentiables. Après un communiqué de soutien de José Bové ou de Corinne Lepage (lire ci-contre), lesmanifestants ont eu droit à la visite de Dominique Voynet hier à Aicirits. La candidate verte à la présidentielle était venue spécialement apporter son soutien à un "acte de résistance citoyenne et pacifique". Elle s’est jointe à la demande du collectif de mettre en place un moratoire sur les cultures génétiquement modifiées. "Il y a urgence car les semis vont commencer dans quelques jours", a commenté Dominique Voynet en indiquant que "les paysans ne sont pas demandeurs d’OGM et (que) les consommateurs n’en veulent pas".
La candidate verte a également pu s’entretenir quelques minutes avec Sauveur Urrutiaguer. Le président de la coopérative l’a accueillie dans son bureau du premier étage fermement gardé par quatre vigiles doublés de molosses muselés. Dominique Voynet a qualifié son entretien avec le dirigeant de Lur Berri de "dialogue de sourds".
"Même si Lur Berri se défend d’encourager les agriculteurs à semer des OGM, montrer sa disponibilité à récolter du maïs transgénique est un signe de résignation face à la progression de ces semences", a-t-elle estimé.
La candidate a rappelé que hormis Nicolas Sarkozy, tous les candidats se sont prononcés pour un moratoire sur les cultures transgéniques. "Si l’un de ces candidats est élu, il va falloir arracher les centaines d’hectares qui vont être semés et indemniser les paysans. Le mieux c’est donc de ne pas semer", a estimé la candidate verte.
Les militants ont appelé à une large mobilisation ce matin dès 9h devant le siège de Lur Berri à l’occasion de la tenue du conseil d’administration de la coopérative. Les OGM seront évidemment à l’ordre du jour. Le collectif continue à exiger que Lur Berri renonce à vendre des semences OGM et à collecter le maïs en question. Une délégation d’Attac France et de la Confédération paysanne devrait se rendre à Aicirits ce matin.
"Nous voulons un moratoire pour toute la France mais avant cela, nous en voulons un pour cette coopérative qui met à mal l’agriculture locale", a déclaré hier Jon Harlouchet, l’un des membres du collectif et président de la fédération des agriculteurs biologiques d’Aquitaine.
Il a ajouté qu’un collectif d’avocats est en train de se
mettre en place pour venir en aide aux agriculteurs qui seraient victimes de
contamination. "Déjà quatre ou cinq avocats sont d’accord pour travailler
gratuitement sur ces dossiers", a précisé Jon Harlouchet. Rappelant que toute la
responsabilité d’une contamination OGM incombe au seul agriculteur qui en sème, le collectif a jugé "irresponsable de la part des coopératives d’amener à la confrontation entre les agriculteurs".