04-04-07 / Par Christophe FORCAR
La silencieuse ascension du Front national
Discret, patelin, mais toujours là. Et menaçant. A trois semaines du premier tour, Jean-Marie Le Pen va marquer une pause dans sa campagne. (Š) Absent ou quasi de la campagne, Le Pen reste tapi dans l’ombre. Et le risque de le voir créer une nouvelle fois la surprise n’est pas écarté. Dans les sondages, le président du FN est bien calé dans la position du quatrième homme. Mais les responsables départementaux du FN ne manquent jamais une occasion de préciser qu’ils n’ont jamais rencontré "un accueil aussi enthousiaste"de la part des électeurs lors de leurs distributions de tracts. (Š) "Les événements travaillent pour moi",répète le vieux leader d’extrême droite. "Les échauffourées de la gare du Nord vont influer sur le cours de la campagne. Cela rappelle les émeutes de novembre 2005 et montre que rien n’a été réglé depuis cette date. Cela remet au c¦ur de la campagne le couple immigration-insécurité",ajoute Louis Aliot, le secrétaire général du FN. Quant au discours patriotique de Ségolène Royal ou au "ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale"promis par Nicolas Sarkozy, le Front se dit persuadé qu’ils apportent de l'eau à leur moulin, les électeurs préférant toujours "l’original à la copie"."Les autres candidats utilisent désormais le même vocable que nous. Ils colonisent nos thématiques. Nous avons gagné la bataille des idées",prétend Olivier Martinelli.
Enfin, Le Pen (Š) lit désormais mot à mot les discours rédigés par ses collaborateurs sans s’en écarter d’une ligne. (Š) Il veut faire sérieux et présentable. Au risque de décevoir une partie de son électorat populaire, attiré par les formules assassines de ce bateleur d’estrade.
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