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Le JPB > Pays Basque 2007-04-03
Les élections malgré les interdictions
·Toutes les tentatives étant avortées par le gouvernement, la gauche abertzale se présentera sans maquillage

La gauche abertzale "sera présente" aux élections locales de mai 2007 en Pays Basque sud, a assuré samedi Arnaldo Otegi lors d’un meeting au parc des expositions BEC de Barakaldo."La gauche abertzale a le droit et sera présente aux prochaines élections sans déguisement", a déclaré le porte-parole de Batasuna devant près de 20000 militants rassemblés dans le grand hall du Bilbao Exhibition Center.

"L’enjeu de cette élection, ce n’est ni plus ni moins la question de la solution définitive du conflit entre le Pays Basque et l’Etat espagnol", a déclaré Arnaldo Otegi. Il a assuré que refuser la présence de Batasuna aux élections de mai serait "dire non au processus démocratique" pour sortir du conflit basque. Batasuna a maintenu ce meeting après un nouvel épisode rocambolesque protagonisé par la justice espagnole.

Vendredi, sous demande du parquet de l’Audience Nationale espagnole, le juge Baltasar Garzón a interdit le meeting de Barakaldo, estimant que la gauche abertzale allait donner le top départ de la campagne du nouveau parti ASB, présentée la semaine dernière, mais faisant l’objet d’une enquête pour être interdite avant même sa constitution. Une interdiction "préventive" du juge d’instruction alors qu’aucune décision de justice n’établit la mise hors la loi d’Abertzale Sozialisten Batasuna [Union des socialistes abertzale].

Face à cette contradiction, le magistrat a finalement autorisé le meeting, à condition que le mot "ASB" ne soit pas prononcé..., chose que les organisateurs ont dû promettre par écrit.

Bras de fer

Le gouvernement socialiste espagnol et la gauche abertzale semblent être en plein bras de fer depuis l’attentant du 30 décembre à l’aéroport de Madrid, qui avait fait deux morts.

Si de mars à décembre, le processus semblait faire du surplace, depuis, il semble ne plus bouger. C’est dans ce contexte que la gauche abertzale est en train de faire un pas derrière l’autre pour essayer de débloquer la situation. Tout d’abord Batasuna a pris quelques distances vis-à-vis de l’ETA, exprimant publiquement "un malaise" au sein des rangs de la gauche abertzale au lendemain de la revendication par l’ETA de cet attentat.

Batasuna a également abattu une de ces meilleures cartes en rendant publique sa proposition de sortie du conflit, basée sur une consultation sur la création d’une autonomie en Pays Basque sud regroupant les deux communautés autonomes (Navarre+CAB). "Une proposition partant du cadre légal actuel", c’est-à-dire la Constitution espagnole, que la gauche abertzale n’a jamais reconnue. Une cessation afin de faire bouger le gouvernement, qui semble cependant sourd à toute initiative de la gauche abertzale.

Le gouvernement semble ne pas vouloir desserrer le frein. Pendant un an le gouvernement Zapatero a martelé que la loi des partis ne serait pas abolie et qu’il revenait à la gauche abertzale de faire le nécessaire pour se conformer à la loi. En d’autres termes, qu’il fallait faire une croix sur le parti Batasuna, et présenter les statuts d’un nouveau parti politique.

La gauche abertzale a résisté jusqu’au dernier moment, estimant qu’il appartenait au gouvernement de modifier la loi, comme le stipulait d’ailleurs la feuille de route que les deux parties auraient accordée il y a plus d’un an.

Mais le temps pressant, à la veille des élections du mois de mai, la gauche abertzale a dû se résoudre à présenter un nouveau parti la semaine dernière, ASB.

Madrid veut davantage

Et là, coup de théâtre, une fois que la gauche abertzale s’est résolue à renoncer aux sigles de Batasuna, le gouvernement a estimé dès le soir même que le nouveau parti était non conforme, même s’il apparaît noir sur blanc l’"utilisation exclusive des voies politiques". Madrid en veut toujours davantage et souhaite avancer un maximum de pions avants la date fatidique des élections.

Du coup, Arnaldo Otegi répond, qu’ils ne chercheront plus de subterfuges et seront présents sans maquillage aux élections.

Se sont ajoutées les arrestations du week-end, où tout un commando de l’ETA aurait été démantelé, coupant tous les ponts à une éventuelle négociation avec ETA, allant même jusqu’à la provoquer. À la veille des élections, Madrid pousse le bouchon jusqu’au bout, en lui laissant une courte marge de man¦uvre sachant très bien que la gauche abertzale veut et a besoin d’être présente aux élections.

Un jeu sur le fil du rasoir, où chacun essai de se renvoyer la balle. Un jeu très dangereux, qui n’en est pas un.


 
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