Tournoi des VI nations - Equipe de France
Après le Tournoi des 6 nations et avant la Coupe du monde, des choix en suspens pour l’équipe de France
·Le Tournoi n’aura finalement pas permis de faire la revue d’effectif escomptée par Laporte, il reste donc des places à prendre
Le XV de France est parvenu à remporter le Tournoi des six nations en privilégiant la cohésion et l’intérêt sportif au détriment d’une grande revue d’effectif en vue de la Coupe du monde, une option qui laisse certains choix en suspens.
Le XV de France a remporté 17 des 20 derniers matches disputés dans le cadre du Tournoi depuis 2004, décrochant au passage un Grand Chelem (2004) et deux victoires finales (2006, 2007). Cette hégémonie avait incité l’encadrement du XV de France à annoncer, avant le début de la compétition, que les 40 joueurs rassemblés pendant sept semaines au Centre national (CNR) de Marcoussis, disputeraient au moins un match. Cinquante jours plus tard, seuls 29 joueurs ont eu l’honneur de porter le maillot frappé du coq. Les autres se sont contentés de préparation athlétique, ou de soins sur la durée partielle ou totale du Tournoi. "L’objectif, c’était aussi de gagner le Tournoi", martèle l’entraîneur Bernard Laporte.
Le revers de la stratégie
Cette stratégie, arrêtée après les deux premiers succès en Italie (39-3) et en Irlande (20-17) a un revers : elle renvoie à plus tard les derniers choix dans la perspective de la liste des 30 joueurs retenus pour la Coupe du monde. Dans ce cadre, la fin du Top 14 devrait constituer de véritables matches de sélection pour les prétendants au XV de France, qui partira en tournée en Nouvelle-Zélande en juin, sans les joueurs dont les clubs seront qualifiés pour les demi-finales.
En attendant, le Tournoi a permis d’éclaircir l’horizon. L’entraîneur Bernard Laporte a même avoué avoir "la liste en tête à 90%". Les grands gagnants de la campagne d’hiver sont Pierre Mignoni et David Skrela. Jusque-là considéré comme un intermittent de la scène internationale, Pierre Mignoni a enfin imposé sa vivacité au poste de demi de mêlée, et semble bien parti pour disputer la Coupe du monde.
Yachvili ou Elissalde ?
Conséquence directe, l’un des deux joueurs qui se partagent le poste depuis 2004, Jean-Baptiste Elissalde ou Dimitri Yachvili, devrait manquer le wagon du Mondial. L’avènement de Mignoni, qui ne bute pas, favorise les desseins de David Skrela, pour l’un des deux postes de demi d’ouverture. L’autre devrait revenir à Frédéric Michalak, absent du Tournoi pour cause de blessure et fortement incité à retrouver ses facultés de buteur.
La question de la charnière en partie réglée, l’encadrement du XV de France devra se pencher sur les postes de pilier, troisième ligne, centre et ailier. La blessure de Sylvain Marconnet, incertain pour le Mondial, a contribué à alimenter les inquiétudes concernant la première ligne, où Pieter De Villiers et Olivier Milloud sont partants certains. Restent à trouver deux autres piliers. Nicolas Mas ? Il a joué 63 minutes face au pays de Galles, avant de demeurer sur le banc en Angleterre et face à l’Ecosse. Laurent Emmanuelli et Jean-Baptiste Poux ? ils n’ont jamais été intégrés parmi les 22. Confronté à une pénurie de piliers, l’encadrement du XV de France devra en revanche gérer une forte concurrence en troisième ligne. Imanol Hariñordoquy est monté dans le bon wagon, où figurent déjà Julien Bonnaire, Serge Betsen et Elvis Vermeulen. Les autres billets (1 ou 2) se joueront entre Yannick Nyanga, Sébastien Chabal, Rémy Martin et Thierry Dusautoir.
Qui pour épauler Jauzion
La concurrence frappe également le poste de centre, où Florian Fritz, "mis au frigo" après la victoire en Italie, devra repousser la menace de David Marty, pour se faufiler dans le sillage des intouchables Yannick Jauzion et Damien Traille. Enfin, Christophe Dominici et Cédric Heymans, qui ont l’avantage d’être polyvalents, mais aussi Vincent Clerc et Aurélien Rougerie se disputeront à distance les trois postes d’ailiers mis en jeu.
La question de la concurrence, exacerbée sur certains postes et quasiment absente sur d’autres, devrait constituer l’un des axes de réflexion de l’encadrement du XV de France, qui se réunira le 30 mars pour tirer le bilan des sept semaines de vie en bleu. Ce jour-là, les décideurs devraient arrêter la date exacte de publication de la liste des 30. Ce sera mi-juin, au retour de la tournée en Nouvelle-Zélande, ou, comme prévu initialement, le 3 août.
|