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Le JPB > Pays Basque 2007-03-20
Irulegiko Irratia dénonce "l’intimidation"et la "pression" de la part du pouvoir judiciaire
·Les salariés de la radio en langue basque s’interrogent sur le but recherché en fichant tous les salariés de la radio

Même les plus anciens de la profession n’ont pas connu de tels agissements de la part des forces de sécurité en Pays Basque. Après avoir reçu un communiqué de revendication à la rédaction, l’ensemble des salariés de la radio Irulegiko Irratia a été contraint de fournir ses empreintes digitales à la gendarmerie, sous peine de garde à vue, avec prises d’empreintes, d’ADN et de photos d’identité, tels des criminels (voir notre édition de samedi).

Hier, les salariés de la radio ont tenu fermement à dénoncer la procédure d’enquête dont ils ont été victimes. "Nous tenons à dénoncer fermement ces agissements, car ils dépassent notre travail journalistique. Nous estimons qu’éthiquement, nous n’avons pas à subir un tel examen. Nous l’interprétons comme une intimidation, une pression exercée contre nous par le pouvoir judiciaire" ont-ils souligné dans un communiqué commun. Les salariés de la radio Irulegiko Irratia s’interrogent encore sur le but rechercher par le fichage de tous les salariés de la radio, et auront du mal à oublier les instants passés à la Gendarmerie de Saint-Jean-Pied-de-Port afin que les empreintes soient relevées.

La revendication concernait un attentat perpétré en octobre dernier contre une maison en construction à Irisarri, qui appartiendrait à un gendarme qui avait participé à l’arrestation de Filipe Bidart 20 ans auparavant.

Les gendarmes ont-ils agi de leur propre initiative, ou répondant à la demande d’un magistrat? Et lequel ? "Nous avons demandé quel était le magistrat, mais ils n’ont pas voulu nous le dire" explique Stéphane Etchegaray rédacteur en chef d’Euskal Irratiak.

Le responsable de la brigade de Gendarmerie de Saint-Jean-Pied-de-Port étant absent toute la semaine, personne ne pouvait répondre précisément à la question hier. A Mauléon, dont dépend Garazi, on nous dirigeait vers la Brigade de recherche à Pau dont dépend précisément l’enquête. En revanche, on nous assurait qu’il n’est pas possible que les gendarmes aient pu agir de leur propre initiative. Néanmoins relever les empreintes serait une "procédure habituelle", même si c’est la première fois qu’elle se produit dans le cadre d’une enquête qui concerne la presse. A Pau, en revanche, pas de réponse.

"Ils nous ont également assuré que nos empreintes seraient effacées" une fois l’enquête terminée assure Etchegaray. Ironie du sort, 15 jours après s’être rendue à la Gendarmerie, la rédaction a reçu un nouveau communiqué, revendiquant une tentative d’attentat contre une agence immobilière à Cambo. La Gendarmerie est venue chercher le communiqué, mais cette fois-ci, "pas besoin de venir porter les empreintes, on les a déjà", ont laissé entendre les militaires.


 
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