CRITIQUE
Oxmo Puccino régale au "Lipopette Bar"
Au "Lipopette Bar" d’Oxmo Puccino et les jazzbastards ça sentait bon l’odeur des quartiers les plus malfamés et les "plus chauds" de la planète. Que ce soit sur le port de Marseille, sur le port de Macao, dans le Saint-Denis parisien ou bien encore dans le Bronx New-Yorkais, le "Lipopette Bar" d’Oxmo c’est le quartier général de toutes les canailles. Un bar enfumé où passent leurs soirées les mafieux, les prostitués, les artistes, les boxeurs de seconde zoneŠ Une sorte de Cotton Club et ses gangsters années 30.
Samedi soir, le bar s’est installé à l’Atabal de Biarritz avec le flow d’Oxmo en maître de cérémonie accompagné des "musicos" les Jazzbatards. Une alchimie entre rapp et jazz assurément très réussie qui donne au premier la "classe" qui lui manquait et au second une deuxième jeunesse si tant est qu’il ait pris un coup de vieux. L’imposant Oxmo est sur la scène tel un conteur des temps moderne, narrant où plutôt "slamant" Sur une thématique façon film noir l’histoire du Lipopette, de son équipe et de ses habitués : la diva Billie qui disparaît avant son grand show, Tito gangster depuis toujours et voulant se ranger, Kali l’apprentie chanteuse, le videur Black Popeye, Barbie et Pat Phil les hommes de mains flambeurs,... Avec le talent d’un véritable scénario de court-métrage, les histoires de gangsters se suivent et le taulier Monsieur Puccino accueille dans son bar tous les amateurs de bon sonŠ Une histoire qui n’est pas sans rappeler le concept-disque "Mélodie Nelson" de Serge Gainsbourg.
Oxmo démontre une fois de plus avec cette nouvelle tournée son talent incontestable pour mettre en parole son univers. Rejoint par la formation des jazzbastards, le "Lipopette Bar" groove au son d’un jazz contemporain et donne à l’écriture impeccable d’Oxmo un relief nouveau. L’orfèvre des mots devient aussi maître du swing avec cette collaboration novatrice. Gage de la qualité musicale d’Oxmo & the Jazzbastard, la version CD du Lipopette Bar a été produite par le célèbre label Jazz "Blue Note".
Bref, si vous avez manqué le live samedi à l’Atabal, samedi il ne vous reste plus qu’à vous précipiter chez le premier disquaire qui se présente pour vous procurer le Lipopette Bar d’Oxmo Puccino & the Jazzbastards. Un album qui s’écoute et se re-écoute à l’infini. Le temps de patienter pour voir à nouveau Oxmo au Pays Basque.
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