"Réaffirmer la pertinence et la légalité du projet Biarritz Océan"
·Didier Borotra, le maire de Biarritz, a répondu hier aux critiques d’élus de l’opposition
Didier Borotra a choisi hier le cadre "solennel" de la salle du conseil municipal pour répondre aux détracteurs de son projet "Biarritz Océan". Evalué à 25 millions d’euros et financé selon un partenariat public-privé (PPP), il comprend la construction d’une "Cité du Surf" à Ilbarritz et l’aménagement d’un grand bassin tropical au Musée de la Mer. "Je tiens à réaffirmer la légalité du projet et sa pertinence pour la ville", a déclaré le maire entouré de conseillers municipaux et de responsables des services municipaux.
"Rémunération" sur 30 ans
Dans le collimateur de Didier Borotra, Jean-Benoît Saint-Cricq, élu UMP de l’opposition, qui affirme que le montage financier du projet est illégal. Il est vrai que le montage choisi par la ville est encore peu développé en France. Le principe est le suivant : la ville présente un projet à trois entreprises mises en concurrence pour sa réalisation. Une commission municipale choisit l’une d’entre elles. L’entreprise est ensuite payée sous forme de "rémunération", sorte de loyer qui inclut le coût des travaux et la maintenance des nouvelles réalisations sur plusieurs décennies, 30 ans en l’occurrence pour la Cité du Surf.
Pour battre en brèche les arguments de Jean-Benoît Saint-Cricq qui l’ont "choqué", Didier Borotra a demandé à trois organismes publics de donner leur avis sur la légalité du montage financier : la SCET, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, Audit France, bureau d’ingénierie touristique du Ministère du Tourisme et la Mission d’Appui aux Partenariats public-privé, qui dépend du Ministère des Finances. Affichant un sourire conquérant, le maire de Biarritz a lu ces avis. Même si la Mission d’Appui estime que le coût du scénario PPP est supérieur de 5,9 % à celui de la réalisation plus classique en maîtrise d’ouvrage publique, les trois structures concluent à la légalité de la procédure et estiment même que le choix du PPP est "le plus pertinent au regard de la complexité du dossier".
"Complexité qui nous dépasse"
Une argumentation largement reprise par l’équipe municipale : "La Cité du Surf sera un lieu de haute technologie et sa maintenance sera lourde", explique Maurice Hourdillé, directeur général adjoint de la ville. "La réalisation architecturale est d’une grande complexité qui nous dépasse", ajoute un autre directeur général adjoint de la ville, Christophe Landrin. L’architecte américain choisi pour le projet a prévu notamment un plafond courbe difficile à réaliser.
Outre "le savoir-faire qui dépasse les travaux habituels réalisés par la ville", Didier Borotra avance deux autres arguments en faveur du partenariat public-privé: "Le partenaire que nous choisirons s’engage sur un coût et sur des délais sous peine de pénalités et ce partenariat va nous permettre de réaliser en même temps les travaux au Musée de la Mer et à la Cité du Surf. Si nous n’avions pas fait ce choix, nous aurions dû étaler ces travaux dans le temps alors que là, nous allons adosser le développement de la Cité du Surf sur la hausse de fréquentation du Musée de la Mer", affirme le maire de Biarritz, qui compte atteindre 350.000 visiteurs par an au Musée de la Mer après travaux au lieu de 220.000 actuellement.
Didier Borotra estime aussi que le PPP n’aura aucune incidence sur le ratio de désendettement de la ville alors que Jean-Benoît Saint-Cricq affirme le contraire. François Mendiburu, président de "l’association contre la Cité du Surf", créée récemment avec Jean-Benoît Saint-Cricq, assure que "ce projet est illégal et coûte trop cher". L’association qui compte déposer un recours auprès du tribunal administratif organisera une réunion vendredi soir à 19h à la Maison des Associations de Biarritz.
Le calendrier d’exécution
Malgré les menaces de recours qui pèsent sur le projet "Biarritz Océan", la municipalité a présenté hier le calendrier d’exécution du projet. L’Appel Public à concurrence sera lancé d’ici la fin de la semaine, les entreprises intéressées par la réalisation du projet auront jusqu’à la fin avril pour déposer leur candidature. Il en faudra au moins trois pour que la procédure soit validée. L’APD (avant-projet définitif) sera rendu par les candidats au plus tard fin juillet. Les offres finales seront rendues d’ici le 12 novembre. Le conseil municipal choisira son partenaire à la mi-décembre. Début des travaux en 2008. Ouverture au public fin 2009.
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