Le tribunal administratif a rendu son avis hier matin. Il a prononcé l’"annulation totale" de l’arrêté préfectoral pris le 1er octobre 2004 autorisant l’extension d’une porcherie industrielle à Mendionde. Lors de l’audience du 20 mars, le commissaire de la république s’était aussi prononcé pour l’annulation de l’agrandissement comme le réclamait l’association Ingurumena de Mendionde qui avait porté l’affaire devant la justice.
Si elle se déclarait satisfaite de la décision, hier l’association préférait attendre d’avoir copie du jugement écrit pour faire davantage de commentaire. "Nous dénoncions toute la procédure, le rapport du commissaire pas réaliste ou encore l’influence des politiques avec l’intervention de Barthélémy Aguerre. Finalement il y avait matière puisque le résultat est là", a simplement commenté Mattin Etchepare. De son côté, la préfecture n’a pas souhaité faire de commentaire avant d’avoir le jugement en main.
Si le verdict a été rendu hier, l’enquête d’utilité publique et l’arrêté préfectoral datent d’il y a trois ans. Dans l’intervalle, l’éleveur de Mendionde a procédé à l’agrandissement de son élevage en construisant un nouveau bâtiment. L’énoncé précis du verdict permettra de savoir si le fonctionnement de l’élevage peut continuer, précise la Direction des Services Vétérinaires, qui gère les installations classées.
Lors de l’enquête publique de décembre 2003, le projet d’agrandissement de la ferme Uhaldia mentionnait la construction d’un nouveau bâtiment en lieu et place de l’ancien. L’arrêté préfectoral avait autorisé l’agrandissement de l’élevage à 155 truies en système naisseurs-engraisseurs, 660 porcelets en post-sevrage et 1224 porcs à l’engraissement. L’atelier agrandi nécessitait 89,20 hectares pour l’épandage des effluents d’élevage et une fosse de 2743m3. Le projet s’était attiré les foudres de l’association Ingurumena de Mendionde, du syndicat ELB, des Verts, d’AB et de Batasuna, de la commune d’Hélette (dont les terres devaient accueillir une partie des épandages de lisier). La FDSEA et Lur Berri s’étaient prononcés en faveur de l’agrandissement. L’épineux dossier avait aussi provoqué plusieurs démissions au sein du conseil municipal de Mendionde dont l’éleveur au projet d’agrandissement était adjoint au maire.
Dans son arrêté, le préfet avait suivi les recommandations du commissaire enquêteur. L’arrêté faisait valoir "l’autonomie de stockage des effluents d’environ huit mois", "l’augmentation des distances d’épandage par rapport aux cours d’eau" ou encore le fait que le risque d’inondation était prévenu par la création d’un talus.