Le ministre espagnol de l’Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba a de nouveau défendu hier sa décision d’accorder un régime de semi-liberté au détenu basque Iñaki de Juana Chaos, contestant fermement avoir "cédé au chantage de l’ETA".
M. Rubalcaba, qui s’exprimait trois jours après une manifestation de la droite à Madrid contre cette décision, a dénoncé devant une commission du Congrès des députés les "critiques injustes" du Parti Populaire.
"Nous avons pris cette décision pour éviter la mort imminente" du prisonnier, qui observait une grève de la faim depuis novembre, a déclaré M. Rubalcaba.
"Nous avons recherché la décision la plus ferme et la plus intelligente", pour "éviter que les terroristes ne fassent" de Juana Chaos "une icône ou un martyr", a-t-il ajouté, à propos de cette controverse qui monopolise tout le débat politique en Espagne depuis bientôt deux semaines.
"C’est la première fois de toute l’histoire de la démocratie qu’un gouvernement cède à un chantage" de l’organisation indépendantiste basque armée ETA, a pour sa part martelé le porte-parole parlementaire du PP, Eduardo Zaplana, réitérant l’une des principales attaques de l’opposition à ce sujet.
De Juana Chaos, qui avait déjà purgé 20 ans de prison, refusait de s’alimenter pour protester contre une nouvelle condamnation à 12 ans de prison, peine ensuite réduite à trois ans, pour deux articles d’opinion qui ne présentaient aucun terme délictueux.
Il a abandonné sa grève de la faim le 1er mars, quelques heures après que le gouvernement ne lui accorde la semi-liberté et ne le transfère de Madrid à un hôpital du Pays Basque.