ELB lance un plan d´action contre les cultures OGM en Pays Basque
·Le syndicat a rencontré le président de Lur Berri hier pour lui faire part de son désaccord sur la question
"Aujourd’hui, une trentaine d’agriculteurs pourraient prendre en otage 3000 autres qui sont engagés dans des filières de qualité et ruiner ainsi le travail de la grande majorité des paysans", a commenté hier ELB quelques minutes après avoir rencontré Sauveur Urrutiaguer, le président de Lur Berri. Le syndicat était allé dire son désaccord sur les récentes orientations prises par le groupe concernant le développement de la culture de maïs OGM."On ne comprend pas la stratégie du groupe Lur Berri, qui est le plus petit parmi les gros, et qui entre dans le même schéma de développer les OGM au lieu de se démarquer dans une logique de territoire et une logique de qualité, que nous aurions soutenues", a indiqué Francis Poineau. Face au "manque de civisme des coopératives qui prennent le risque de disséminer des OGM et les risques éventuels qui vont avec", ELB a appelé à la "citoyenneté des agriculteurs" et au "civisme des consommateurs" pour "arrêter ce fléau avant qu’il ne soit trop tard". Le syndicat lance d’ailleurs un "plan d’action" anti-OGM. Pour sensibiliser agriculteurs et consommateurs, ELB a invité à participer à la conférence de Jean-Pierre Berlan, chercheur à l’Inra, qui interviendra aujourd’hui sur les problématiques des semences agricoles à l’occasion du Forum social du Pays Basque (à Ainhice Mongelos). Dans le même temps, le syndicat a appelé à participer à la manifestation qui aura lieu à 15h aujourd’hui devant le siège de Pau Euralis. "Nous allons aussi éditer une plaquette reprenant tous les risques, juridiques, de santé, etc. des OGM et la diffuser auprès de tous les paysans", a expliqué Daniel Barberarena. Les responsables du syndicat comptent également rencontrer tous les vendeurs de semence et les fabricants d’aliments pour savoir lesquels vendront des OGMet "inciter les paysans à aller chez ceux qui n’en vendent pas".
Position commune
"Nous sommes prêts à mettre en place un service juridique pour soutenir tous les paysans des filières qualité qui pourraient être contaminés", a ajouté D. Barberarena.Enfin, ELB va interpeller les responsables des différentes filières de qualité (AOC, labels, bio...) pour qu’ils se positionnent de façon commune sur la question de la culture de maïs OGM.
Comme le président de Lur Berri lui-même, ELB a déploré qu’aucune réglementation ne vienne aujourd’hui encadrer la culture OGM, les directives européennes n’étant toujours pas transcrites en droit français. "Aujourd’hui, toute la responsabilité juridique incombe à celui qui sème les OGM pas à ceux qui l’y incitent comme les groupes semenciers", a dit ELB.
"Nous informerons et accompagnerons"
"La demande était là, si on avait dit non aux
agriculteurs, ils auraient été voir ailleurs. Nous préférons nous impliquer pour
pouvoir informer et suivre ces agriculteurs", a expliqué hier Sauveur
Urrutiaguer, à l’issue de la réunion avec ELB. Le président de la coopérative a
souligné que deux commerciaux seront spécialisés dans l’information aux
agriculteurs. "Ils seront chargés de conseiller aux agriculteurs de ne pas semer
d’OGM près des îlots de maïs semence et des zones de production AOC ou bio", a
dit S. Urrutiaguer expliquant que ses techniciens connaissent le terrain et la
nature des exploitations qui peuvent entourer les éventuels candidats au maïs
OGM. Le président de Lur Berri concède néanmoins que "après, c’est l’agriculteur
qui décide".
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