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Bi harriz lau xori, un nouveau sommet de rencontres entre les expressions basques et le reste du monde
·La XIIIe édition du festival organisée par Biarritz culture avec l’Institut culturel basque se tiendra du 23 au 25 mars
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L’intitulé est bien sobre pour ces "journées d’expressions basques et d’ailleurs", qui disent peu d’un festival coloré et tapageur, intense et imaginatif, qui rassemble les artistes soucieux de redessiner des espaces physiques, imaginaires, revendiqués, réinventés, à travers la danse, la musique et le théâtre. Un rendez-vous plutôt exhubérant qui ouvre grand les portes à l’expression artistique et confronte sans rougir le pays Basque au reste du monde.Mais plus qu’une compétition, il s’agira à Biarritz, pendant trois jours, d’une intense connivence.Le festival Bi harriz lau xori, qui prétend faire "d’une pierre deux coups" en jouant avec les mots, réserve cette année encore de belles surprises, du 23 au 25 mars. De cette connivence entre artistes "du Pays Basque et d’ailleurs", la plus belle illustration se fera au sommet, dans la rencontre des cuivres de la fanfare Ciocarlia de Roumanie avec l’ensemble de percussions et gaita de Burrunka.
Cet orchestre de mariages d’un village du nord-est de la Roumanie, près de la frontière moldave s’est forgé une solide réputation internationale par une série de concerts torrides. La fanfare-la-plus-rapide-de l’Est roumain avec ses cuivres rutilants, joue les grands classiques rom sur des rythmes endiablés.Ou quand la musique acoustique électrise le public. Et comme la musique tzigane ne veut s’arrêter à la tradition, la fanfare Ciocarlia se laisse inspirer par les mélodies du cinéma indien ou européen et reprend même quelques succès américains pour une de ses adaptations au style incomparable, façon James Bond dans les Carpathes.
Belle surprise
En retour, on retiendra pour la petite histoire que Burrunka a inclus dans son répertoire un morceau de la fanfare Ciocarlia "sans savoir que cette musique était d’eux" précise Philippe, l’un des 30 musiciens de Burrunka.Une belle surprise que réserve la batukada basque à cet ensemble de l’est roumain, créé par des ouvriers métallurgistes.
Un nouveau point commun entre les deux ensembles, même si rien ne semblait, il y a quelques années, prédisposer la fanfare roumaine à fréquenter la scène internationale.Car cet ensemble ouvrier, qui rythmait mariages et enterrements, n’avait pas de nom et son ambition, aussi noble soit elle, ne dépassait pas les limites du village.Comme dans les meilleurs James Bond, dont ils ont retenu la musique, un pur hasard leur a changé la vie, en la personne de deux musicologues allemands, échoués dans leur village, à deux pas de la frontière Moldave, pour une sombre histoire d’amour et de grand-mère.
La fanfare avait déjà ce goût immodéré pour les accélérations de rythmes, les airs turcs bulgares et tziganes, et toutes les bonnes conneries qui vont bien avec les fêtes que le groupe animait.On retiendra pour l’exemple que le groupe dopé à l’adrénaline a composé un morceau dans le bus, autour de l’air lancinant d’un petit jeu électronique que l’un d’eux étrennait avec ferveur avant de l’offrir à un enfant.Cor, trompette, clarinettes et grosses caisses en fond un fabuleux exemple de cet exercice syncopé et foudroyant. Que du bonheur dont ont eu la primeur ces musicologues allemands qui dans la foulée leur ont ouvert la porte des maisons de disques et des vastes scènes, contre le choix d’un nom, Ciocarlia, comme un petit passereau espiègle. Doux euphémisme.
Dans cette foulée de métissage tournoyant, les Imprévisibles, collectif de musique et danse improvisées, se sont associés à la réflexion que mène l’Institut Culturel Basque sur l’architecture et l’habitat au Pays Basque (habiter et construire au Pays Basque). En lien avec cette thématique, le collectif artistique s’est emparé de l’espace de l’Atabal et a imaginé une déambulation musicale et chorégraphique dans le bâtiment comme une invitation à (re)découvrir l’architecture.
A la faveur de cette rencontre de tous les possibles, l’écrivain basque et maître de conférence Ur Apalategi donnera une conférence sur Bernardo Atxaga et Michel Houellebecq, intitulée "Quand les écrivains fuient la ville". Action Théâtre Enfance en coproduction avec la Scène de Pays Baxe Nafarroa, en profitera pour servir son Anaiatxo Berezia, ses marionnettes bascophones qui évoquent la différence au profit d’Integratzio Batxordea.Enfin, la culture basque ne fera pas que recevoir mais parcourra le monde sur l’écran du cinéma le Royal avec la projection, pour la première fois au Pays Basque nord, de Nomadak Tx, récit de l’épopée d’artistes basques qui rencontrent les peuples du monde autour de la Txalaparta.
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