F in 2006 et début 2007 ont eu lieu à Paris et au Pays Basque des rassemblements importants, touchant notre avenir.
A Paris 500 experts du monde entier ont donné le résultat de leurs réflexions sur l’avenir de notre planète et de son climat. Ils ont été clairs : il faut prendre d’urgence des mesures drastiques si nous ne voulons pas que cette terre devienne inhabitable.
Ici se sont réunis l’un après l’autre le Conseil du développement", Herrikoa et la Chambre de Commerce et d’Industrie. Unanimité pour une musique différente, ignorant complètement les premiers experts. Ils en sont au dogme de la croissance. Hors de la croissance, point de salut. Il faut une nouvelle ligne pour le TGV, une troisième voie sur l’autoroute (5 voies à St-Pierre-d’Irube). En Gipuzkoa, la 3e voie est déjà réalisée en partieŠ et l’on démarre une deuxième autoroute pour contourner St-Sébastien. Les experts (autres que les premiers cités) nous assurent que notre bonheur se trouve là, dans la croissance. Avec des créations d’emplois. L’économie doit croître, la Côte doit croître, l’Intérieur doit croître. Pour le bien de qui ? Avons-nous besoin de croissance ?
J’ai rencontré un chef d’entreprise employant près de 100 salariés : toute l’année dernière il a fonctionné avec une dizaine d’intérimaires faute de trouver des CDI. Sept salariés viennent de quitter une usine voisine : elle a toutes les peines du monde à les remplacer. Le patron d’une 3e entreprise (80 salariés) me confiait : "Il ne manque pas d’emploi ici !" Un salarié venu de Bordeaux avec sa femme : "Ici, c’est facile de trouver du travail". J’ai vu les Polonais travailler sur la place d’un village. J’ai entendu le président de la CCI déclarer : "Nous avons 8.000 chômeurs et 8.000 offres non satisfaites". Il se crée ici chaque année, 800 emplois de plus qu’il n’en disparaît. Pour qui crée-t-on ces emplois ? Pas pour les chômeurs donc.
Surtout pas les 3 ou 400 de "haut niveau" promis récemment par la CCI : ces "hauts niveaux" ne sont ni à Urepel, ni à Behorlegi. La création d’emplois créerait-elle le chômage ?
Qu’apportera le TGV ? Provisoirement ! Puisqu’avec cette croissance indispensable, il faudra envisager un deuxième TGV et une deuxième autoroute dans un avenir plus ou moins proche. Puis une troisième etc.
Il paraît que le TGV dégorgera l’autoroute : comment se fait-il que ce n’est pas encore la réalité malgré le sous-emploi de la voie ferrée actuelle ?
Qu’apportera-t-il aux Uztariztar? Encore plus de circulation et de CO2, encore plus d’embouteillages et de pollution, encore plus de stress, encore plus de drogue et bien sûr, les feux rouges et parcmètres liés à la croissance, symboles de modernité. Sans parler de la difficulté de se loger avec l’élévation du prix des terrains à construire : personne ne nous dit que l’immobilier, passé de 280 à 1682 emplois en 10 ans (+ 500,7% !!!), est notre champion en croissance. Est-ce le bonheur qu’attendent les Uztariztar?
Que deviendront là-dedans la langue et la culture basques ? Etouffées ! Le problème sera définitivement réglé. Avec quelques soins palliatifs quand même :ICB, OPLB etc.
Pour ces "experts" économiques, l’essentiel est ailleurs. Nous voulons du mieux et ils s’obstinent dans le plus. Dans les bilans, doivent croître nombre d’usines et d’emplois, hauts salaires, chiffre d’affaires et bénéfices. Quoi qu’il en coûte. Le reste n’est pas leur problème. Ni la survie de la planète, ni celle du Pays Basque. Après moi le déluge et "vive la mort" comme disait le célèbre général franquiste Millán Astray.