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L’art au féminin dans toute sa diversité
·Quatorze artistes basques exposent à partir de demain à Saint-Jean-Pied-de-Port en proposant des regards actuels et féminins
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On se doute bien que si la journée du 8 mars est consacrée aux femmes et aux luttes pour leurs droits, c’est pour pallier un manque le reste de l’année.Une anomalie en soi que souligne le calendrier et qu’étayent de sombres chiffres en termes d’inégalités professionnelles, ou de violences nombreuses dont ne se sont toujours pas débarrassées les sociétés occidentales à l’aube de ce troisième millénaire. Pour autant, l’art n’est plus prétexte à exister pour les femmes basques, lorsqu’il est encore à conquérir par les muses dans de nombreux pays du monde.Mais en conjuguant "l’art au féminin", l’association Itzal Aktiboa propose un regard actuel sur notre société, des sensibilités propres qui pourraient bien figurer une expression artistique singulière plutôt qu’une écriture politique et revendicative. Enfin égales face à la création, les quatorze artistes basques qui exposent à partir de demain à Saint-Jean-Pied-de-Port ne sont pourtant pas toujours asexuées dans leur façon d’aborder la vie et l’art. Certaines d’entre elles, comme par exemple Patricyan avec ses installations fantastiques ou Angela Moreno avec ses portraits vaporeux de femmes déshabillées, traitent de la condition féminine. D’autres, comme Michèle Neurisse, Jacqueline Lebrun et Christine Etchevers, se situent dans l’art abstrait, ou encore, dans les cas de Nane et Josette Dacosta, dans un monde où le figuratif tend vers l’abstraction avec une désinvolture telle qu’elles sont parfois félicitées pour la "virilité" et la "force masculine" de leur peinture.
Référence contradictoire
Une "référence contradictoire" souligne Josette Dacosta.Lorsque l’on dit d’une femme qu’elle peint comme un homme, on n’est pas loin de retracer les formes apparentes de la ségrégation et de cantonner la discipline féminine aux domaines de la dentelle, de la tapisserie et de la broderie. Ce que fait presque l’artiste angloye Nicole Marsan, mais pour mieux affranchir sa féminité.Pour une mise au point, il ne sera pas vain d’assister demain soir à la conférence historique donnée par Monique Boisard, conseillère artistique auprès du ministère de la vie associative et des sports, sur "les femmes peintres à travers le siècle", soit les débuts de l’affirmation d’une identité créatrice.L’écrivaine Nathalie Sarraute, née à l’aube de ce siècle, refusait de ranger son imposante ¦uvre dans le registre d’une écriture féminine.En écrivant, elle ne se sentait "ni homme, ni femme, ni chien, ni chat" selon ses propres mots. D’autres pourtant, puisent dans leur féminité pour se livrer à une création artistique sans complexes. Ou prétendent à l’inverse à cette spécificité comme pour faire le récit de tabous ou de frustrations.C’est le cas de l’artiste-graveur Angela Moreno, qui vit et travaille à Uharte.Ses ¦uvres, qui combinent la photographie et les techniques traditionnelles avec l’utilisation des nouvelles technologies, s’inspirent des personnes de son entourage, pour la plupart des femmes posant souvent nues. Jetant un regard tendre mais sans complaisance sur la condition humaine, elle évoque ainsi le sort et le rôle des femmes dans la société actuelle. A Aussurucq, Florence Etchart met également la femme au centre de son ¦uvre, parfois voilée, toujours secrète, comme pour se cacher mais aussi pour séduire. Également danseuse et chorégraphe, elle puise dans ses connaissances du corps pour faire des sculptures, toujours en rapport avec la danse. Installée à Anglet, Nicole Marsan figure pour sa part un monde aux allures de carnaval vénitien, dans lequel elle raconte le bonheur et l’envolée de la femme. Passionnée du Baroque, elle s’épanouit dans son genre avec des "tapisseries sculptées" rassemblant des brocarts, des soies et d’autres tissus luxueux, ainsi que des masques et toutes autres sortes d’objets décoratifs.
Principe féminin
La femme et le principe féminin occupent également une place centrale dans l’¦uvre de Patricyan : déesse terre, déesse mère, l’idée mythique de la création contenue dans le sein de femmes tombées du ciel. En attirant notre attention sur le sort des animaux, elle souligne un fonctionnement matérialiste et technique, orienté vers la production, dans lequel le principe féminin est renié. Artiste plasticienne, elle provoque la pensée et stimule les passions à travers des performances, comme celle qu’elle donnera demain soir à la Mairie de Saint-Jean-Pied-de-Port pour l’inauguration de l’exposition "L’Art au féminin".Ses installations et ses créations sculpturales rassemblent toutes sortes de matériaux, du grillage aux perles de verre colorié, en contrastant matières plastiques et matières naturelles.
Affirmation dans l’ombre
Dans une autre mesure Marie-Hélène Echevarria affirme son ¦uvre sans complexes dans l’ombre d’un homme.Mais cette ombre est celle d’un artiste obstiné, le sculpteur Jesus Echevarria.Pour autant, cette professeur d’espagnol affirme son art dans des scènes peintes ou dessinées de la vie quotidienne.Des portraits de son mari, de ses chats et de ses autres animaux familiers. Aujourd’hui, elle continue avec des natures mortes, utilisant souvent des cartons de récupération. Ses tableaux unissent une gaieté naturelle à un sens profond de la mélancolie, donnant lieu à des ¦uvres tendres et lumineuses. Mais aux côtés d’autres artistes comme Christine Etchevers, Jacqueline Lebrun, Chris, Martine Pinsolle, Michèle Neurisse, Rosa Valverde ou Zoé Bray, l’exposition qui se tiendra jusqu’au 31 mars sur trois sites de Saint-Jean-Pied-de-Port ne se veut pas démonstrative d’une vérité mais entend affirmer, à juste titre, des expressions féminines dans leurs singularités."Nous n’avons pas voulu démontrer quelque chose mais il était intéressant de voir comment s’expriment des femmes du Pays Basque aujourd’hui" explique Josette Dacosta.Des langages différents et particuliers qui se sont dévoilés au fur à mesure que la liste des exposantes augmentait."Il nous a alors paru intéressant de montrer cette diversité" affirme Josette Dacosta. · Exposition.
L’Art au féminin.Peintures et sculptures.Saint-Jean-Pied-de-Port, du 2 au 31 mars.Atelier Josette Dacosta, Galerie Mayorga, Maison Laborde et salle d’exposition de la Mairie.Jeudi 1er mars.18h30.Performance de Patricyan.Conférence débat.Femmes peintres à travers le siècle.Salle d’honneur de la mairie.
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