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Le JPB > Pays Basque 2007-02-28
La CGT n’a pas fait valoir son droit d’opposition, mais les débrayages continuent
·Malgré des avancées lors d’une réunion vendredi, le conflit continue sur les différents sites de Turbomeca dans la région

La lutte est engagée depuis la semaine dernière par les personnels des sites Turbomeca dans les Pyrénées-Atlantiques et les Landes pour une reprise des négociations suite aux propositions faites, et non acceptées, après les entretiens annuels. Ces propositions ont été signées par trois syndicats minoritaires dans l’entreprise, FO, CFTC et CGC. L’intersyndicale majoritaire CGT-CFDT est à l’origine du mouvement qui a pris la forme d’une grève répartie en tranches d’une demi-heure plusieurs fois par jour suivant les postes de travail. Pour un total de quatre heures de grève cumulées sur l’ensemble de la semaine. Malgré quelques avancées faites, lors une réunion entre la direction et les syndicats, vendredi après-midi, l’intersyndicale a décidé de poursuivre les débrayages.

CGT-CFDT majoritaires

D’autre part, la CFDT avait fait valoir en milieu de semaine dernière son droit d’opposition aux accords signés par les trois syndicats minoritaires. Un droit d’opposition qui rend caducs des accords, lorsque ce dernier est revendiqué par les syndicats majoritaires dans l’entreprise. Dans le cas de Turbomeca, la CGT devait rallier la CFDT pour que ce droit d’opposition s’applique. Or, lundi, dernier jour pour faire valoir ce droit, la CGT a décidé de ne pas l’appliquer. Marco Hirigoyen, membre de la CGT sur le site de Turbomeca Bordes, explique le choix de cette décision : "Nous avons pris la parole lundi matin devant l’ensemble du personnel gréviste, et pas seulement des adhérents CGT, dans le but de connaître leur désir face à la suite à donner au mouvement. Ils nous ont dit leur refus de voir la CGT apposer son droit d’opposition tout en voulant que la grève continue pour obtenir plus d’avancées en matière salariale."

Lors de la réunion direction-syndicat de vendredi, les négociations avaient pourtant débouché sur des avancées, "nous avons obtenu le retour, après sa disparition lors du plan social de 1994, du financement des départs en préretraites par l’entreprise. Nous avons aussi obtenu l’augmentation d’une prime fixe (appelée MSU) à tout le personnel, une prime qui favorise les bas salaires", confirme le syndicaliste CGT . Dès lors, si l’on comprend bien pourquoi la CGT n’a pas fait valoir son droit d’opposition, pourquoi continuer la grève ? "Si l’on avait fait valoir notre opposition, nous prenions le risque de nous retrouver face à la direction nationale du groupe Turbomeca-Safran pour les nouvelles négociations. En agissant de la sorte, nous continuons la grève et avons toujours face à nous la direction locale. Elle a d’ailleurs le pouvoir et les moyens de donner suite à nos revendications."

L’action importante de la CFDT

Dans son action, la CGT ne voit pas de rupture avec la CFDT, et souhaite que "l’unité soit préservée, pour que l’ensemble des salariés sorte gagnant du conflit". La CGT qui reconnaît notamment que l’attitude de la CFDT a eu un impact important sur la direction de Turbomeca, comme en témoigne Marco Hirigoyen : "l’opposition avancée par la CFDT jeudi dernier a mis une grosse pression sur la direction, ce qui a permis de connaître les avancées significatives vendredi. La direction a été surprise de ne pas voir uniquement la CGT en face d’elle, comme à l’habitude, et l’action de la CFDT a été très importante".

L’intersyndicale souhaite maintenant un retour de la direction à la table des négociations pour évoquer les salaires et l’emploi à Turbomeca. À l’heure actuelle, aucun rendez-vous entre les syndicats et la direction n’a été convenu et les débrayages vont continuer.


 
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