Tournoi des VI nations - 3º journée
Défaite interdite à Croke Park face à "l’ennemi" anglais
·Après avoir perdu le Grand Chelem face à la France, l'Irlande accueille à Dublin l’Angleterre avec pour objectif gagner la triple couronne
L’Irlande n’a pas d’autre choix que de renvoyer l’Angleterre à ses doutes samedi, pour justifier le statut de favori endossé avant le Tournoi des six nations et pour faire honneur à Croke Park, un stade symbolique de la lutte pour son indépendance. Les Anglais, qui après quelques promesses contre l’Ecosse (victoire 42 à 20) ont déçu face à l’Italie malgré le succès (20-7), seront privés de l’ailier Jason Robinson. Si l’encadrement de l’équipe d’Angleterre assure qu’il est incertain, l’ouvreur Jonny Wilkinson s’est en revanche entraîné apparemment normalement hier.
L’entraîneur irlandais Eddie O’Sullivan reconnaît que l’absence de Robinson, remplacé par le débutant Dave Strettle, est un "coup dur" pour les Anglais, mais il considère l’incertitude Wilkinson comme une vulgaire "intoxication". Une décision définitive concernant la participation de Wilkinson, qui souffre officiellement de la cuisse droite, sera prise au plus tard samedi matin. A eux deux, Robinson et Wilkinson ont inscrit 57 des 62 points inscrits jusqu’à présent par les Anglais.
Convaincu de la présence du héros de l’Angleterre, O’Sullivan a insisté sur la nécessité de faire preuve de "discipline" sous peine d’être puni par un homme qui peut marquer "de n’importe quel coin du terrain".
Un certain Brian Ashton
Car le XV du Trèfle, après avoir inauguré la présence du rugby à Croke Park par une défaite contre les Français (20-17), le 11 février, ne peut se permettre de perdre face aux Anglais, dont l’hymne sera joué pour la première fois dans ce temple du sport gaélique. La présidente Mary McAleese a demandé à ses compatriotes de bien accueillir l’Angleterre et "God Save The Queen" ne devrait pas subir l’avanie de huées. Mais une fois le premier coup de sifflet donné, le public n’attendra pas autre chose de ses joueurs qu’une agression en règle des visiteurs.
"Contre la France, on a eu du mal à rentrer dans le match, comme si nous étions écrasés par l’enjeu", reconnaît Eddie O’Sullivan qui, le Grand Chelem oublié, compte bien s’emparer de la Triple Couronne (le vainqueur des confrontations entre les Britanniques et les Irlandais), voire de la victoire finale dans le Tournoi en cas de faux pas français. Pour y parvenir, il possède deux atouts de poids : Brian O’Driscoll et Peter Stringer, de retour après avoir été privés du match contre les Français pour cause de blessure.
L’entraîneur anglais Brian Ashton retournera lui neuf ans après dans un pays où il n’a pas laissé un bon souvenir, l’Irlande étant allée de défaite en défaite sous sa direction en 1997-98. Le public adorerait que ses favoris lui fassent ravaler une phrase qui avait fait scandale, quand il lui avait été demandé ce qui le séparait du manageur de l’équipe, Pat Whelan, avec qui il entretenait des relations exécrables : "Pat est Irlandais, je suis Anglais. Pat est amateur, je suis professionnel".
Les équipes :
Irlande : Dempsey - Horgan, B. O’Driscoll (cap), D’Arcy, Hickie - (o) O’Gara, (m) Stringer - D. Wallace, Leamy, Easterby - O’Connell, O’Callaghan - Hayes, R. Best, Horan
Angleterre : O. Morgan - Lewsey, Tindall, Farrell, Strettle - (o) Wilkinson (ou Flood), (m) Ellis - Lund, Corry, Worsley - Grewcock, Deacon - Vickery (cap), Chuter, Freshwater
Arbitre: M. Jutge (FRA)
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