Lars von Trier sait faire des comédies rigolotes
·Le dernier film du réalisateur danois, découvert à Donostia, sort en salles
Lars von Trier, auteur d’une comédie légère et rigolote ?C’est possible et le film est même à l’affiche du cinéma le Royal, en avant-première ce mardi, avant sa sortie dans les salles le lendemain.Une première comédie du réalisateur danois que le JPB avait appréciée lors de sa présentation en première mondiale au festival international du film de Saint-Sébastien.Avec The Boss Of It All, le cinéaste fait une parenthèse dans sa trilogie sur l'Amérique, amorcée avec Dogville et Manderlay, et renoue avec les règles strictes du mouvement cinématographique Dogma qu'il a créé en 1995. Avec une nouveauté cependant : fini les caméras à l’épaule qui donnent le mal de mer, mais une nouvelle technique, l’automavision, une caméra fixe programmée image et son, qui limite le rôle du réalisateur, donne sa place au hasard, et livre une image, "sans idées", libre de tous canons esthétiques et habituels. A part ce changement notable, les règles de Dogma, le serment de chasteté, établi par Lars sont toujours là. Même lieu, pas de lumière et de musique additive, on est dans l’ici et maintenant.
Le chef de tout ça
Le scénario reste un délice. Le patron d’une entreprise d’informatique danoise, s’est inventé un chef, Œle chef de tout ça’, qui prend les décisions à sa place. Moyennant quoi, l’ambiance entre lui et les employés est des plus conviviales. Mais lorsqu’il veut vendre son entreprise à un groupe financier islandais, il doit convoquer le big boss et embauche un acteur de théâtre plutôt raté pour tenir le rôle. Les salariés l’attendent de pied ferme d’autant que ce fantôme a poursuivi un échange de mails avec chacun d’eux durant des années. L’acteur prend son rôle très au sérieux, et plonge dans la fosse aux lions, sans aucune indication préalable du metteur en scène. Une suite de scènes succulentes, avec les salariés qui ont tous une vision particulière de ce grand chef, avec les acheteurs qui, décidément ne comprennent rien à ces fous de Danois, et avec son employeur qui le laisse se dépatouiller lamentablement. Jusqu’au jour où il va s’identifier au patron de l’entreprise, puis défendre ses salariés menacés de licenciement. Une brillante réflexion sur les acteurs, la fragilité des rôles dans la vie.Un film qui s’apparente à du théâtre dans sa forme, avec, en toile de fond, les vannes habituelles entre Danois et Islandais.Lars von Trier est marrant.Ne tapote-t-il pas gentiment les fesses de ces actrices pendant les tournages ? C’est ce que l’une de ses actrices a confié à Donostia, expliquant ainsi une brouille avec Nicole Kidman.
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