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Le JPB > L'opinion > Courrier des lecteurs 2007-02-24
Des réactions autour de la libération de Ph. Bidart

Il a fallu attendre plus d'un quart de siècle de militance puis de prison pour que Ph.Bidart déclare à sa sortie "Aujourd'hui, je ne peux pas être totalement heureux...", expliquant en substance que le peuple basque continuait de souffrir. Les réactions ont fusé.

Pendant des siècles, les souverains espagnols commençaient leur règne en venant jurer de respecter les fors et coutumes basques sous le chêne de Gernika. De semblables fors et coutumes ont été supprimés au nord par la France de la Révolution.

Il a fallu attendre des siècles pour que la IIe République de l'Espagne des Nations institutionnalise cet usage en reconnaissant, en 1936, à la Nation et au Peuple basques l'autonomie entière de l'Euskadi.

Mais le dictateur Franco a fait raser par l'aviation nazie, le 26 avril 1936, la ville symbole des libertés basques, Gernika, et a accusé les républicains "rouges" de ce forfait, malgré les témoignages des rescapés et de correspondants de presse britanniques. Le député Ibarnégaray a colporté la version du Caudillo par presse française interposée acquise à cette idée.

Il a fallu attendre soixante ans et le 28 avril 1997 pour pouvoir lire dans la presse : "Pour la 1re fois, soixante ans après le bombardement par l'aviation nazie de la ville basque espagnole de Guernica, l'Allemagne, par la voix du Président Roman Herzog, a reconnu hier 'l'implication coupable de pilotes allemands'". La vérité sur le bombardement ("répétition générale" des nouvelles méthodes fascistes de guerre totale contre non seulement les populations civiles du Pays Basque - Durango, puis Gernika - mais aussi contre toutes les démocraties), toujours niée par le dictateur et ses héritiers, était enfin reconnue. Le "Gernika" de Picasso témoignait pourtant déjà du massacre, lors de l'Exposition Universelle de Paris dès mai 1937, pour la République espagnole et à la face du monde et du IIIe Reich présents.

Le Front Populaire français avait alors décidé la "non-intervention".

Le régime de Vichy qui suivait avait couvert le Caudillo et ses hommes de main nazis.

L'un avait ouvert le Camp de Gurs pour les républicains espagnols en fuite dont plus de 6000 Basques.

L'autre y a rajouté et entassé pour les livrer plus de 26.000 Juifs dont femmes et enfants.

Il a fallu attendre plus de 60 ans et fin mai 2006 pour que l'Ikurriña, symbole du patriotisme basque et drapeau officiel d'une Communauté Autonome Basque à l'autorité toujours contestée, puisse être admis à flotter sur le mémorial de Gurs : reconnaissance de l'identité attestée de ces 6000 Basques, premiers internés du camp.

Le "Gernika" de Picasso, conçu à Paris, est exposé au Musée de la Reine Sofia, l'épouse de l'héritier désigné du Caudillo, "chef des armées" et véritable maître de la toujours "jeune démocratie espagnole". Celle-ci ne veut ni d'une légitime restitution de l'¦uvre au Pays Basque, sa terre martyre inspiratrice, ni même d'un prêt provisoire au Musée Guggenheim de Bilbao. Le symbole est trop fort pour le royal "héritier" et ses sujets.

La France est le dernier Pays d'Europe à refuser toujours de ratifier la Charte Européenne des Langues Minoritaires.

France et Espagne refusent toujours aux Basques l'application des Lois internationales sur le droit à l'Autodétermination, sur le rapprochement des prisonniers et les libérations conditionnelles et en fin de peine. L'Espagne refuse à certains de ses citoyens le droit d'exprimer leur choix par le vote. Magnanime, elle réduit à 3 ans le supplément d'incarcération pour délit d'opinion de I. de Juana Chaos maintenu entravé pour être alimenté de force par sonde à plus de 100 jours de sa 2e grève de la faim. Pinochet, puis Papon sont morts libres dans leur lit.

France et Espagne n'ont rien fait pour accorder la moindre attention à deux Trêves des armes de ETA et au silence de IK, malgré la prise de position favorable de l'Union Européenne pour le Processus de Paix au Pays Basque. Le député Lamassoure et le PP espagnol étaient contre la position.

La France jacobine refuse d'envisager une quelconque partition du département des Pyrénées-Atlantiques et des moyens pour satisfaire les besoins de sauvetage de l'agriculture basque et de l'enseignement de l'Euskara, une des plus vieilles langues d'Europe.

L'ex premier-adjoint de la Ministre des Armées Alliot Marie et successeur désigné refuse une salle pour un débat autour de l'ex-Premier Ministre Rocard, du vice-Président de l'UE G.Onesta et du Professeur d'Université J.P.Massias, sur l'Art de la Paix... etc., etc.

Mais ce qui scandalise les pharisiens, c'est que Ph.Bidart et le peuple basque continuent à déclarer leur souffrance.

Certes la souffrance des victimes d'IK ou d'ETA est autant à respecter et à prendre en compte que celle des disparus et torturés, des victimes du GAL, et des mensonges des différents régimes et de leurs zélés serviteurs. Car toutes ces souffrances sont issues des mêmes systèmes de colonisations orgueilleuses et d'égoïsmes.

L'Europe ouverte et solidaire nous rapprochera sans doute de la Paix en Pays Basque si les Etats (et les citoyens français et espagnols qui seront prochainement appelés à exercer leur droit à s'exprimer, notamment par les urnes), accordent aussi à tous les Basques "l'égalité" de ce même droit.

Les Basques ont cependant le droit et le devoir de se le réapproprier sans attendre des voisins un quelconque accès de générosité.



FNAC eta kolonialismoaren segida

Saltegi ospetsu eta handi bezain euskaldunekiko mespretxugarri berri batek ideki ditu ateak Lapurdin. FNAC, Bilbon eta Donostian instalatu ondoren, Baionarat iritsi da.

Lehen egunetik alta, tonua eman dute. Euskara kanpoko hizkuntza bezala kontsideratuz eta gure nortasuna Espainol horiekin lotuz noski!

Noiz arte kolonizazio bortxaketa horiek? Noiz arte euskaldunok gure herrian atzerritar?

Hemen, bai FNAC, baina baita Grenet eta Brisson bikote gezurtia ere salatzekoak dira. Ez Euskara Erakunde Publikoa, ez Baionako Herriko Etxea ere ez dira gai izan hizkuntzarekiko errespetua, herritarrekiko errespetua eskatzeko eta bermatzeko.

Hori bai, FNACekoek herritarrengandik hurbil dela diote. Nik pisuzko zuzenketa bat egin nahiko nuke: FNAC herritarron diru-moltsatik hurbil da, bertzerik ez!

Lotsagabeak!


 
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