Ces dernières semaines, les conditions de transport des voyageurs du Ter Aquitaine se sont très fortement dégradées. Avec 100 trains supprimés dans les 15 premiers jours de 2007, soit 6 fois plus qu'en période normale, les conseillers régionaux François Maitia, Jean Lissar et Sylviane Allaux ont poussé leur "coup de gueule" hier, estimant que la situation est devenue "intolérable" pour les usagers qui subissent en outre une dégradation du service, avec une augmentation des retards et une baisse de la qualité dans les domaines de l'information et de la propreté. Sur la ligne Bordeaux-Bayonne-Hendaye, un train sur six avait un retard de plus de cinq minutes en 2006, et un sur quatre sur Bayonne-Pau. Sur la ligne Bayonne-Saint-Jean-Pied-de-Port, la propreté extérieure n'était pas conforme deux fois sur trois.
Les élus constatent donc un écart croissant entre la réalité quotidienne vécue par les usagers et les efforts consacrés par la Région Aquitaine en faveur du développement du Ter Aquitaine. "Les Ter Aquitaine n'ont jamais été aussi attractifs, comme en témoignent la hausse de la fréquentation de 20% sur les TER en 2 ans, et l'augmentation de 26% depuis 2000 du nombre de places mises à la disposition des usagers par la Région". Pourtant, les investissements réalisés par la Région, n’ont pas été suivis d’effet par la SNCF. Pourtant, la SNCF affiche un bénéfice de plus de 3 millions d’euros sur les TER d’Aquitaine, après avoir reçu 210 M€ de la Région pour financer l’amélioration du matériel roulant.
Après avoir saisi Anne-Marie Idrac, présidente de la SNCF, qui a reconnu que le règlement de cette crise relève prioritairement de la responsabilité de la SNCF, le président Rousset a demandé à Xavier Ouin, directeur régional de la SNCF, de venir lui présenter un plan d'urgence pour les Ter Aquitaine. Il en résulte que les retards, les trains supprimés et les surcharges constatées sur le réseau aquitain proviennent de faiblesses dans l'exploitation, et notamment du fait de ne pas remplacer les départs en retraite, ont souligné Sylviane Allaux et François Maitia.
Concernant le devenir de la liaison ferroviaire Bayonne / Saint-Jean-Pied-de-Port, la Région a obtenu l'inscription d'un montant de 18,5 millions d'euros au Contrat de Projet Etat-Région 2007-2013 pour une 1re tranche de modernisation de la ligne, de Bayonne à Cambo, à réaliser dans les trois ans. Parallèlement une étude socio-économique et des déplacements ainsi qu’un état des lieux des infrastructures de la ligne seront réalisés, le but étant de donner une deuxième vie à la ligne, tout en augmentant ses capacités pour aller vers une ligne régulière cadencée.
Une étude qui devra également préciser les possibilités de mettre en place un ticket unique afin de faire la liaison entre le billet SNCF et le réseau de bus Stab, en gare de Bayonne. "Il nous faut un vrai développement de la ligne" a insisté François Maitia, persuadé qu’un jour tout le monde appréciera les efforts consentis pour maintenir cette ligne.
Jean Lissar, a pour sa part souligné les dysfonctionnements de la ligne Bayonne-Garazi, rappelant qu’après avoir décidé de réduire la vitesse de 70 km/h à moins de 50 km/h l’an dernier, les correspondances ne sont pas bien établies causant d’innombrables problèmes, notamment pour les lycéens. Il a rappelé le besoin de résultats attendu du service de la SNCF, souhaitant le cas échéant l’ouverture à la concurrence pour que ce marché puisse être à la hauteur des attentes.
Après une campagne publicitaire dans un groupe de presse qui aura coûté plus de 10 000 euros au contribuable, sous l’intitulé "Oui au maintien de la voie ferrée Bayonne/Ustaritz/Saint-Jean-Pied-de-Port" le président du Conseil Général Jean-Jacques Lasserre et le conseiller général d’Ustaritz Bernard Auroy viennent d’adresser une lettre à tous les habitants du canton d’Ustaritz, afin de les inviter à donner leur avis sur la réhabilitation de cette ligne ferroviaire.Les deux élus UDF expliquent "le besoin de sauver cette ligne et de la repenser en fonction des besoins d’aujourd’hui et de demain", rappelant que "dans quelques semaines l’Etat prendra à son tour position sur ce dossier", alors que le Préfet de Région l’a déjà fait dans le cadre du Contrat de Projet Etat-Région 2007-2013.
"Nous souhaiterions connaître votre avis sur un tel projet, une telle ambition. Pensez-vous que nous devons saisir cette alternative au "tout voiture" ? Vous paraît-elle de nature à répondre aux besoins quotidiens de déplacements qui sont les vôtres ? Quelles sont les conditions qui vous semblent devoir être respectées pour garantir le succès de cette opération ? Nous serions heureux de pouvoir prendre connaissance de votre point de vue, de vos remarques, si vous le souhaitez, sur cette question fondamentale pour l’aménagement du territoire sur lequel nous vivons" écrivent les deux élus invitant la population à s’exprimer en envoyant leurs remarques à l’antenne du Conseil Général de Bayonne ou sur le site internet du Conseil Général.
Après avoir essuyé bon nombre de critiques pour la gestion du dossier de la transnavarraise et notamment pour un "manque de concertation", le Conseil Général semble vouloir associer la population à sa démarche sur ce projet ferroviaire, même si le Conseil Général n’a aucune compétence sur ce dossier.