Dopage
La natation redécouvre le fléau du dopage
A l’écart depuis quelques années des très médiatiques affaires de dopage, la natation redécouvre le problème avec la suspension provisoire de la grande espoir russe Anastisiya Ivanenko, positive pour l’échantillon A à la Furosemide. Le fléau n’a toutefois jamais été totalement éradiqué. Preuve en est les quelques épiphénomènes révélés ici et là, comme ceux de la Costaricaine Claudia Poll en 2002, des Ukrainiennes Yuliya Pidlisna (2003) et Natalia Khudyekova ou de la Danoise Mette Jacobsen (2004). Cependant, sur les dernières grandes compétitions, il n’y avait eu aucun problème. Ni les JO 2004, ni les Mondiaux 2005 ou les Euros 2006 n’avaient été entachés. De là à assurer que la discipline était guérie, il y a un fossé que personne n'a franchi, même si ce constat a réjoui.
Le Directeur technique national Claude Fauquet a deux explications à la limitation du dopage en natation. "Les athlètes ne sont pas laissés à eux-mêmes. Ils sont en groupe. Vouloir tricher dans ces conditions, c’est plus compliqué que lorsqu’on est seul sur la planète", analyse-t-il. Pour Claude Fauquet, cette limitation est aussi l’une des conséquences de la persistance "de valeurs liées au travail". "Les nageurs connaissent le prix de l’entraînement", affirme-t-il, alors que l’ancien champion Franck Esposito, plus circonspect, fait valoir que "les gens font plus attention".
Si aucune vedette n’a été mise en cause, beaucoup de rumeurs ont couru. L’Allemagne a ainsi effectué des prélèvements en septembre et en octobre 2006 sur ses nageurs pour tuer dans l’¦uf des bruits sur sa sélection à Budapest. Et notamment sur sa sprinteuse Britta Steffen, quadruple médaillée européenne.
Des entraîneurs en cause
La multiplication des exploits de Laure Manaudou a aussi parfois alimenté les conversations. Mais interrogée sur ce sujet, la championne olympique du 400 m nage libre a pu mettre en exergue l’abondance des contrôles (plus d’un par mois) qu’elle subit pour éteindre les interrogations. La Chine, dont la suspicion de dopage avait été très forte dans les années 1990, a également été prise dans la tourmente de la rumeur en 2005. Pas pour ses nageurs mais en raison de l’embauche de l’entraîneur de l’ex-Allemagne de l’Est Helge Pfeifer pour aider à sa préparation en vue de ses jeux à Pékin. Pfeifer avait fui l’Allemagne en 1996 lors d’une série de mises en examen pour dopage concernant des nageuses de l’ex-RDA dans les années 1980. Pour cette période, la nageuse Britannique Sharon Davies a d'ailleurs demandé une révision des résultats olympiques.
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