L’Etat français se retire de la conférence eurorégionale
·Le Préfet des Pyrénées-Atlantiques ne participera qu’à titre "d’invité" au protocole transfrontalier qui sera signé le 1er mars prochain entre la Région l’Aquitaine, le Conseil Général et la Communauté autonome Basque
Peu à peu, la conférence eurorégionale se vide de son contenu. Au mois de novembre dernier Jean-Jacques Lasserre (UDF) président du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques annonçait en grande pompe la "création d’une formule inédite et avant-gardiste unique en Europe". Au mois de décembre, il présentait un protocole d’accord à signer par le Conseil Régional, le département, la Préfecture des Pyrénées-Atlantiques, le Conseil des Elus du Pays Basque, le Gouvernement de la Communauté Autonome Basque et la Diputacion du Gipuzkoa. Pas de Communauté d’agglomération du BAB, pas de Communauté Forale de Navarre (voir notre article du 15 décembre intitulé "La montagne accouche d’une souris").Hier, lors de la plénière du Conseil Régional, le vice-président François Maitia (PS) a précisé que la participation de l’Etat serait limitée à une participation en qualité d’invité et non plus en tant que membre à part entière, comme l’avait annoncé son collègue du conseil général. L’élu garaztar a tout de même souligné que ce nouveau lieu de rencontre permettra de réunir autour d’une même table les institutions de part et d’autre de la Bidassoa, et surtout l’Etat qui détient la grande majorité des compétences transfrontalières, même si ce dernier ne sera là qu’à titre d’invité. Un tour de table qui semble impossible à constituer ces dernières années, même si les sujets transfrontaliers ont de plus en plus de poids dans les politiques locales, et constituent un axe majeur de la politique de l’Union européenne. La décision de signer le protocole a été adoptée à l’unanimité des conseillers régionaux, moins les voies du Front National qui a estimé que signer cet accord revenait à légitimer l’autonomisme et une eurorégion basque. Le président du Conseil Régional Alain Rousset (PS) a pour sa part spécifié qu’il demandera la constitution d’une eurorégion sur le plan européen, mais non limitée aux zones frontalières, mais qui regrouperait les régions de part et d’autre de la frontière, soit l’Aquitaine dans sa globalité, mais également l’Aragon et la Navarre aux côtés de la Communauté Autonome Basque. Le protocole devrait être signé le 1er mars prochain à Donostia. Un lieu de rencontre qui réunira en conférence plénière les présidents et le Préfet "décidera par consensus dans le respect des compétences de chacun, des actions à conduire" après un accord préalable d’examiner un thème ou de réaliser un projet déterminé. Un comité directeur composé de cadres politiques et administratifs assurera "une coordination des travaux et formulera des propositions", en s’appuyant sur une cellule technique formée d’agents mis à disposition par les administrations signataires. Les objectifs avancés sont de préserver la qualité de la vie et favoriser les échanges et la mobilité en matière d’infrastructures, d’environnement et de la communication. Développer et offrir des services dans l’accompagnement des entreprises, de recherche, d’innovation et de coopération universitaire. Améliorer les services au public en matière transfrontalière dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la jeunesse et des sports, de la formation et de l’emploi.
Nouvelle voie TGV
Si la matinée d’hier a été consacrée au débat sur le Contrat de Projet Etat-Région, une grande partie de l’après-midi a tourné autour du projet à Grande Vitesse Bordeaux-Hendaye.Une fois n’est pas coutume, Sylviane Allaux conseillère régionale PS de Ciboure et Peyuco Duhart conseiller régional UMP de Saint-Jean-de-Luz sont tombés d’accord pour demander la création d’une nouvelle voie en Pays Basque, estimant que l’augmentation du trafic sur la voie existante ne pourrait être tolérable à la longue, compte tenu de son emplacement urbain.
1 313, 922 millions d’euros d’investissement public en Aquitaine
Le Conseil Régional d’Aquitaine a adopté le contrat de projet 2007-2013 avec les voix des conseillers régionaux PS, Verts et UMP et avec l’abstention de l’UDF et des voix contraires du FN.
"L’acceptation par la Région de s’inscrire dans cette nouvelle contractualisation tient à la volonté de respecter le principe de réalité, par rapport à un contexte national, et de responsabilité vis-à-vis des Aquitains, avec son lot de déceptions légitimes, si l’on considère l’importance des ambitions que la Région avait légitimement formulées à l’égard du Contrat de Projet" a précisé le président Alain Rousset. La Région a dû tenir compte d’un contexte très prégnant, marqué par une double contrainte : difficultés budgétaires de l’Etat, confirmées par la loi de finances pour le budget 2007, et pression considérable sur le budget des Régions, ou plus généralement sur le budget des Collectivités territoriales, du fait du transfert de charges non compensé.
C’est donc "un exercice de raison plus que de c¦ur et d’ambition", réalisé "au mieux des intérêts des Aquitains", au vu de la situation actuelle difficile, et qui ne préjuge pas, selon le président, d’horizons nouveaux qui pourraient s’ouvrir après la présidentielle.
Plusieurs projets du Contrat de projet concernent directement le Pays Basque dont la liste suit. Site Ruwel : plate-forme aéronautique. Réhabilitation de logements étudiants. LGV Sud-Europe Atlantique, Régénération de la ligne ferroviaire Bayonne/Saint-Jean-Pied-de-Port. Pôle d’échange de voyageurs de Pau et de Bayonne. Extension de la plate-forme de transport combiné de Mouguerre. Développement des énergies renouvelables, bois énergie et solaire, Gestion durable des milieux aquatiques et équilibre quantitatif de la ressource en eau, Itinéraires vélo, routes et voies vertes : Bayonne-Lestelle-Bétharram. Lutte contre l’érosion côtière. Préservation des sites majeurs d’Aquitaine : corniche basque et domaine d’Abbadia. Soutien aux investissements de la pêche professionnelle maritime. Renforcement de la rénovation urbaine, levier de la cohésion sociale : Hauts de Sainte-Croix à Bayonne
Restauration universitaire à Anglet et à Bayonne. Hydrobiologie à Saint-Pée-sur-Nivelle. Accompagnement de l’installation des agriculteurs. Aménagements capacitaires, ligne Bordeaux-Hendaye.
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