La presse quotidienne régionale aurait pu titrer hier "Une libération qui fait du bien" au lieu du contraire. Après avoir lourdement payé pour des assassinats qu’il n’a pas reconnus, Filipe Bidart est enfin libre (enfin pas tout à fait, il est interdit de séjour dans son pays) et beaucoup de monde s’en réjouit.
Mais à peine sorti du trou, Bidart a parlé de prisonniers politiques, de non-reconnaissance du Pays Basque, sans demander pardon aux familles des victimes. Quel culot !
Les réactions de certains hommes politiques donnent la mesure du sens qu’ils ont de la justice : ils la confondent avec l’inquisition. Filipe doit tout simplement fermer son clapet et se tenir à carreau, l’église républicaine ne supporte pas qu’on lui tienne tête.
Après des titres de presse calomnieux, des déclarations menaçantes, on veut l’apaisement ? On doit pouvoir y contribuer en rappelant leurs devoirs aux forts, pas uniquement en condamnant la violence des faibles.
A-t-on déjà vu le Garde des Sceaux demander aux policiers de présenter leurs excuses lorsqu’ils tirent sur les jeunes des banlieues ? Va-t-on engager des poursuites contre Sarkozy pour avoir traité ces derniers de racaille ? Le policier qui avait tué le militant d’Iparretarrak Didier Lafitte d’une balle dans le dos, a-t-il passé une seule nuit en prison? Et celui qui a laissé Ttotte Etcheveste sur une chaise roulante, va-t-il être jugé un jour ?
Le maire de Béziers ferait mieux d’aller à la rencontre de Filipe Bidart plutôt que de le traiter comme un individu dangereux. Nous sommes certains qu’il fera connaissance d’un homme intègre, patient et souriant, qui en connaît une tranche sur les misères du monde. Un modèle de dignité, tout comme des centaines d’autres encore en prison, n’en déplaise aux bien-pensants en pleine campagne électorale sur le thème de l’insécurité. Nous serons nombreux à le lui rappeler aujourd’hui.
Hartzea Lopez Arana / Halsou