Son petit livret s’arrache selon ses dires. Le plan de Gérard Onesta pour sortir le Traité Constitutionnel Européen (TCE) de la crise retient l’attention depuis les militants d’Attac jusqu’aux élus UDF voire UMP, affirme l’eurodéputé. "Je n’ai pas inventé grand-chose", concède-t-il. "J’ai essayé de capter le bon sens ambiant en prenant les idées bonnes qui ont été émises à droite et à gauche", ajoute l’élu vert qui avait voté oui au référendum sur le TCE du 29 mai 2005.
L’Europe a urgemment besoin d’une Constitution selon lui. "Ceux qui ont dit non au référendum avaient beaucoup d’arguments, notamment parce que dans le TCE, il y avait beaucoup de choses qui n’avaient rien à y faire", commente Gérard Onesta. Mais dire stop, c’est rester avec le traité antérieur, celui de Nice "basé sur des rouages qui ont 50 ans", indique-t-il.
"Le rôle et les mécanismes sont très figés alors que l’on n’est plus à six pays mais à 27. De même, il ne s’agit plus de discuter seulement charbon et acier mais de 72 thèmes différents. Si on dit que l’on ne va pas changer la règle du jeu, on se trompe", affirme l’eurodéputé vert.
La recette de Gérard Onesta se compose de quatre ingrédients simples. "D’abord, on garde le texte du TCE". Rouvrir la négociation laissera encore moins de marge vu la force des courants libéral et nationaliste en Europe d’après l’élu.
Le citoyen au centre du jeu
"Ensuite, on sépare le bon grain de l’ivraie". L’élu propose de ne retenir que la partie du TCE qui a un sens constitutionnel. "Dans la campagne référendaire, personne n’a trouvé quelque chose d’indécent dans cette Constitution", fait-il remarquer. La troisième étape consiste à "remettre le citoyen au centre du jeu" d’où la nécessité de faire valider la Constitution par "référendum transnational"."Si une majorité de pays, et en même temps une majorité de citoyens sont favorables, alors on valide le texte", explique Gérard Onesta.
Enfin, Traité comme Constitution doivent pouvoir évoluer. Si aujourd’hui, les décisions doivent se prendre à l’unanimité, l’élu vert propose qu’une "double majorité surqualifiée" permette ces modifications. "Les textes peuvent évoluer si 80% des chefs d’Etat réunis en Conseil et 80% des Parlements nationaux y sont favorables", avance-t-il.
L’Europe n’ayant aucun plan B après l’échec du référendum constitutionnel en France et aux Pays Bas, Gérard Onesta pense que son Plan A+ va faire avancer les choses. L’élu est d’ailleurs sollicité de toutes parts pour aller le présenter. "Chez les Œnonistes’ comme devant l’Assemblée nationale italienne".
"Chaque jour qui passe renforce les nationalistes et les libéraux", estime l’eurodéputé vert en ajoutant qu’"agir le plus tôt sera le mieux". Il espère mettre à profit le débat présidentiel et législatif pour faire avancer cette idée.