À deux jours de la première visite de José Luis Rodríguez Zapatero au Pays Basque depuis l’attentat de Barajas, Batasuna a appelé le gouvernement espagnol à rencontrer l’ETA afin de relancer le processus de paix. Le porte-parole de la formation de la gauche abertzale a regretté le fait que l’exécutif espagnol "ait rompu les contacts", ce qui est "une erreur". Lors d’une conférence de presse ayant pour but de faire le bilan du voyage en Irlande de sa formation, Arnaldo Otegi a "fortement recommandé" au chef de l’exécutif espagnol de maintenir "ouverts tous les canaux" avec l’organisation armée basque. C’est la "seule chose qui peut nous donner l’assurance et des garanties" pour un processus de paix. Face aux demandes faites par les autres formations politiques à Batasuna pour que le parti condamne la violence, Arnaldo Otegi a souligné "la position nette de solidarité de son parti avec les victimes", tout comme "l’appel public à l’ETA pour qu’elle retourne aux positions de cessez-le-feu". Cela dit, Arnaldo Otegi a dénoncé que ces appels n’avaient pour seul but que d’"user la gauche abertzale". "Ce sont les processus de négociation politique qui permettent de surmonter les obstacles".
Le porte-parole de Batasuna, qui lors de sa visite en Irlande a rencontré des représentants de tous les partis politiques y compris les unionistes, a souligné que sa formation pariait sur "un processus de dialogue résolutif en l’absence de tout genre de violence". Dans ce sens, il a rappelé la proposition d’une "autonomie politique" rassemblant les quatre provinces du Pays Basque sud et a affirmé que ce projet "sera porteur de paix". Arnaldo Otegi a précisé ignorer "ce que l’ETA va dire", mais a assuré qu’il s’agissait du "pari politique" de la gauche abertzale.
Le leader de Batasuna a expliqué que la gauche abertzale ne renonçait pas à l’indépendance, mais que "lorsque le droit des Basques à décider de leur avenir sera régulé" dans cette nouvelle autonomie, "nous tenterons de séduire les Basques pour la création d’un État indépendant.
Une proposition "raisonnable"
Selon Arnaldo Otegi, tous les interlocuteurs irlandais qu’il a rencontrés en compagnie de Pernando Barrena lors de leur visite, ont estimé que la proposition d’une autonomie politique pour le Pays Basque sud "est raisonnable".Arnaldo Otegi a interpellé les formations politiques basques pour qu’elles se prononcent à ce sujet et a souligné que la gauche abertzale est toujours "à Anoeta", en référence à la proposition du 14 novembre 2004 qui prévoyait une double négociation: une politique entre les partis et une autre entre l’ETA et les États.
C’est dans ce sens qu’Arnaldo Otegi a demandé au chef du gouvernement espagnol de reprendre les contacts avec l’ETA.
José Luis Rodríguez Zapatero clôturera dimanche à Vitoria-Gasteiz une Conférence Municipale et Forale, organisée par le Parti Socialiste d’Euskadi (PSE). Arnaldo Otegi a avoué qu’il "n’attendait rien" de cette visite. "Ce que j’attendrais de n’importe quel chef de gouvernement ou d’État, français ou espagnol, c’est qu’il reconnaisse que nous sommes un peuple et qu’en tant que démocrate il s’engage à respecter les choix du peuple basque".
Il a fini son allocution en soulignant que ce n’était "pas une campagne électorale, mais un processus qui peut être porteur de paix pour ce pays. Ce que l’on demande c’est que tout le monde fasse un petit effort pour comprendre que dans n’importe quelle circonstance le dialogue est possible. Dans tous les processus des situations similaires sont vécues et dans tous il y a eu une solution de la seule manière possible, en parlant et en prenant des accords".