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Kutsidazu bidea Ixabel ouvre idéalement la Korrika culturelle dans un grand sourire
·Ce premier film de Fernando Bernues et Mireia Gabilondo, présenté à Zinemaldia, arrive demain soir au Pays Basque nord
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On avait découvert avec bonheur ce long-métrage lors du dernier festival international du film de Saint Sébastien, Zinemaldia.Sa première projection en Pays Basque nord ne pouvait mieux tomber pour annoncer du même coup le lancement de la Korrika culturelle. Kutsidazu bidea Ixabel suit de près la ligne tracée par la Korrika, la vraie, celle qui démarrera le 22 mars de Karrantza en Biscaye et traversera le Pays Basque au fil des jours et des nuits, à l’initiative de AEK.Car la fédération d’enseignement de basque aux adultes est au c¦ur du film de cette première réalisation de Fernando Bernues et Mireia Gabilondo.Une comédie rondement menée, savoureuse et désopilante, construite comme une partie de pelote où les mots ricochent et rebondissent.Les bascophones trouveront des dialogues savoureux.Les autres riront également en suivant les aventures de Juan Martin, jeune Donostiarra des années 70, qui s’aventure vers Tolosa pour apprendre le basque au sein d’une famille installée à la ferme. Le pauvre jeune citadin, qui semble bien peu aguerri, est simultanément confronté à une vie rurale sur laquelle il trébuche sans cesse et à une langue si différente de celle enseignée : "comment dit on Œtortilla de patata" en euskara?".Pour clore le tout, sa passion soudaine pour Ixabel, fermière rayonnante et sûre d’elle, le maintient dans cette niaiserie apparente et entretient le burlesque de la situation.Le film tiré d’un roman presque autobiographique de Josean Sagastizabal est un grand sourire au Pays Basque. On y rit de bon c¦ur sur des ressorts à la fois intimes et universels.
Boucher carnivore et cannibale
Ceux qui ont déjà fréquenté les cours du soir d’AEK apprécieront par exemple les hésitations de Joxe Mari, qui se présentera comme "carnivore" et même "cannibale" avant de se déclarer furieusement incapable de formuler en basque son métier de "boucher".Dans ces cours intensifs de basque au sein d’une Gau Eskola émergente, 3 ans après la mort de Franco, s’illustrent également des personnages rocambolesques, comme Miren la psychologue, Luis-Koldo le médecin, Izaskun la barman, Koro le professeur ou Pablo le prêtre, qui finira par se fourvoyer dans le bordel du village. Chacun a sa personnalité et ses problèmes linguistiques.Et puis il y a aussi la famille qui accueille Juan Mari à la ferme, un père robuste et attendrissant, une grand-mère qui a l’¦il, et deux frères d’Ixabel, forces de la nature, jumeaux au comportement symétrique, aussi robustes au travail qu’à la fête.Au final, le jeune citadin de Donostia est soumis à d’intenses émotions, remarquablement transmises aux spectateurs.Mais si la légèreté est de mise dans cette comédie entièrement tournée en langue basque, dont la copie présentée demain soir a été sous-titrée en français par l’Institut Culturel Basque, c’est bien la société basque des années 70 et son poids sociopolitique qui sert de toile de fond.Descente de la guardia civil, torture, amourettes dans le foin avec un etarra en cavale.
Expérience merveilleuse
Avant l’adaptation cinématographique, le roman Kutxidazu bidea Ixabel a déjà été décliné en Cd-rom, en adaptation théâtrale et a donné lieu à l’enregistrement de cinq épisodes succulents diffusés par Euskal Telebista.Une vie déjà prolifique pour un roman que Josean Sagastizabal a construit d’après sa propre expérience lorsqu’à l’été 1976 à l’âge de 19 ans, il s’est rendu dans une ferme d’Hernani pour y apprendre le basque. Il racontait souvent cette expérience merveilleuse à son groupe d’amis : "Dès que je le pouvais je faisais partager ces anecdotes. Et ça les faisait mourir de rire". Il n’avait pas l’intention d’écrire un livre, mais il s’est finalement risqué à poser sur le papier ces anecdotes, 18 ans après les avoir vécues.Publiée en 1994 cette fiction inspirée de la réalité a connu un succès phénoménal, puisqu’elle a été vendue à 64 000 exemplaires. A Donostia en septembre, le film en compétition a été très bien reçu par les professionnels et les critiques.
Ciné théâtre et bertsu pour la Korrika
Avant la Korrika qui passera en Pays Basque Nord le 30 et le 31 mars, AEK propose une série de rendez-vous culturels. Le premier rendez-vous coïncide avec la projection de Kutsidazu bidea, Ixabel. Demain soir à 20h à l’Atalante. Un apéritif animé précédera la séance, qui sera clôturée par une rencontre avec l’équipe du film. Le film sera ensuite projeté le jeudi 15 février à 21h au cinéma le Royal de Biarritz, le jeudi 8 mars à 20h15 aux Variétés à Hendaye, le jeudi 15 mars à 20h45 au cinéma l’Aiglon de Cambo et le vendredi 23 mars au cinéma le Vauban de Saint-Jean-Pied-de Port. Théâtre et Bertsu Le second rendez-vous de cette Korrika culturelle est fixé au samedi 10 février, à 21h, à Saint-Etienne de Baigorri, salle Bixentenia, avec le spectacle Gu ta Gutarrak. Les bertsulari Igor Elorza et Unai Iturriaga, et les musiciens Josu Zabala (guitare acoustique et électrique), et Alex Ruiz de Azua (percussion, alboka et philharmonique) composent cette série de bertsu mis en musique qui composent un spectacle intimiste traitant de nos façons d’être, de nos attitudes particulières et des petits mondes qui nous entourent... La Korrika kulturala comptera également la création, Baionan bizi, pièce de théâtre présentée par la compagnie amateur Hiru Punttu écrite par Antton Luku (lire aussi le JPB de samedi). Elle sera présentée le vendredi 16 février à 20h30 à la salle AIEC de Cambo, le samedi 24 février à 21h à Domezain et le samedi 3 mars à 20h30 au Colisée de Biarritz.
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