Un télépéage commun pour l’Eurocité
Jacques Tavernier et Jean-Pierre Pascouau, président et directeur de la société privée Autoroutes du Sud de la France, ainsi que le président de la Diputacion de Gipuzkoa, Joxe Joan Gonzalez Txabarri, et Nestor Arana directeur de Bidegi, société publique gestionnaire d’une partie de l’A8, ont signé hier matin à Donostia-Saint-Sébastien un accord qui permet le télépéage transfrontalier. À partir du 1er mars et par le biais de cet accord, les utilisateurs de Via-T pourront traverser les échangeurs automatiques des ASF sur l’A63 et l’A64, et ceux possédant le badge Liber-t Océan pourront faire de même dans cinq gares de péage de l’autoroute A8.
"Cet accord, unique en Europe est le résultat d’un long travail d’étude et d’un méticuleux processus d’essais techniques et logistiques, issu de la collaboration étroite des équipes d’ASF et de Bidegi depuis 2004", a déclaré Nestor Arana. "Une première convention avait été signée en 2005 concernant l’augmentation du nombre des voies consacrées aux poids lourds, et concernant aussi un protocole d’action pour lever les barrières en cas de gros bouchon. Avec ce nouvel accord nous faisons un pas en avant".
Un pas qui va dans le sens de l’Eurocité, a souligné M. Pascouau, selon lequel le nouvel accord va intéresser "tous ceux qui vont faire des courses ou du tourisme au Gipuzkoa, et ceux qui vont skier dans les stations pyrénéennes en hiver ou qui se rendent sur les plages en été". Mais aussi ceux qui traversent la Bidasoa aller-retour tous les jours : 1500 selon le responsable des ASF. Son président s’est réjoui de la démarche, "unique en Europe", qui représente un "nouveau service pour les clients en termes de confort de passage". "C’est un vrai exemple de coopération transfrontalière en Europe", a insisté M. Tavernier, qui voit dans le Pays Basque, nord et sud confondus, une région très imbriquée, "beaucoup plus par exemple que la Catalogne. Ici les flux locaux sont beaucoup plus importants".
"Nous gérons dans notre société plusieurs passages frontaliers et celui-ci est le seul endroit où on a réussi une coopération de ce type. Et d’ajouter qu’il s’agit d’une initiative née d’une approche locale et non pas d’une directive complexe de Bruxelles", a encore souligné le président des ASF, une société qui gère plus de 3.000 kilomètres d’autoroutes et qui représente 40% des autoroutes de l’hexagone.
"Beaucoup de petits efforts font aussi l’Europe", a ajouté M. Gonzalez Txabarri. Selon le président de l’administration forale, les deux sociétés ont fait un pari risqué dont l’engagement porte sur un an. "D’ici un an on fera le bilan de cette nouvelle initiative puisqu’il y a certains éléments que l’on doit encore affiner". Les conditions de l’accord engagent les deux sociétés à accepter les badges Via-T et Liber-t Océan sur l’A63 et l’A64 ainsi que sur l’A8 jusqu’à la gare de Zarautz. Bidegi facturera pour le compte des ASF l’ensemble des trajets effectués sur l’A63 et l’A64 avec les via-T, et vice-versa. Le risque est important pour Bidegi puisque la société publique assume les 43.000 clients du Gipuzkoa mais aussi tous les Via-T de l’Etat espagnol qui sont délivrés parfois par d’autres diputaciones, parfois par des banques.
"Même si la mise au point technique a été difficile, ce n’est pas la question la plus compliquée" a déclaré M. Tavernier. "Ce sont les questions administratives et fiscales qui vont générer d’éventuels problèmes, le prélèvement des sommes, le versement... Mais je pense que j’aurai plus de difficultés à négocier avec mes collègues des autoroutes françaises parce que le volume est dans ce cas beaucoup plus important". Les usagers des trois autoroutes ne doivent faire aucune opération pour accéder à ce nouveau télépéage, sauf ne conserver qu’un seul badge. "On sait que certains automobilistes possèdent le Via-T et le Liber-t Océan. Désormais, avec un seul ça ira". À moins que l’on veuille se faire facturer deux fois.
|