"L’Etat empêche le développement denos systèmes d’enseignement immersif"
·Seaska, Calandreta, Diwan, Bressola et ABCM, réunies samedi à Barcelone, mettent en avant la hausse des effectifs
"Les effectifs augmentent mais on ne peut pas se développer". Les cinq fédérations de l’enseignement immersif partagent le même point de vue et estiment que l’Etat est le premier obstacle à davantage d’enseignement en basque, occitan, catalan, breton ou alsacien. Samedi dernier, Seaska, Calandreta, Bressola, Diwan et ABCM-Zweisprachigtkeit étaient réunies à Barcelone pour leur assemblée générale annuelle. Une façon de promouvoir leur fédération hors de leurs aires d’action et en particulier auprès de la Generalitat de Catalogne sud, qui finance notablement les Bressola du nord.
"Toutes les fédérations sommes dans la même situation. L’Etat tente d’empêcher notre développement et de nous affaiblir. Partout, il avance qu’il n’a pas assez pris en compte la place des langues minorisées jusqu’à aujourd’hui mais que cela va changer", a commenté Isabelle Charritton, présidente de Seaska. "Vous avez mené ce travail mais aujourd’hui nous prenons le relais et vous devenez inutile, voilà ce qu’on nous dit", a-t-elle ajouté.
Or les fédérations de l’enseignement immersif jugent leur rôle primordial. "L’histoire a montré que ce sont nos structures qui ont permis la survie des langues minorisées jusqu’ici. Il n’y a pas de réelle politique linguistique en France, les ministres se succèdent avec des points de vue différents d’où aucun suivi. C’est donc à nous d’assurer la protection de nos langues", estime Seaska.
Mais les moyens ne sont pas au rendez-vous. "On est étouffé", commente de son côté Joan Pere Le Bihan, président des Bressola. Comme sur les autres territoires, les écoles immersives catalanes manquent de locaux et de postes d’enseignant. "On pourrait grandir beaucoup plus et beaucoup plus vite mais on nous en empêche", avance-t-il.
La demande d’enseignement en catalan est croissante. Chaque année, Bressola, qui scolarise plus de 600 enfants, refuse une centaine d’élèves. "L’administration, locale en particulier, de l’Education Nationale est prête à tout pour nous empêcher de grandir", affirme Joan Pere Le Bihan.
En Pays Basque, les efforts de Seaska ont permis l’amélioration des infrastructures et donc des conditions de travail ces dernières années, avec un partenariat plus renforcé avec les municipalités. S’agissant du nombre d’enseignants, une convention entre le rectorat et Seaska, via l’Office Public de la Langue Basque, doit fixer des critères d’affectation de postes qui tiennent compte des principes d’organisation pédagogique du système immersif. Pour l’heure, elle n’est pas encore effective et Seaska continue de mettre en avant une carence en enseignants à chaque rentrée.
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