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Le bilinguisme en danger ?
Hier avait lieu à l’Inspection Académique de Pau le comité technique paritaire, CTP, pour la rentrée 2007
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C’était une réunion de préparation à la commission paritaire qui se déroulera le 6 février prochain à la Préfecture. Une commission à l’issue de laquelle sera connue la carte scolaire définitive pour la rentrée 2007 du primaire.Le CTP n’avait pas attendu ce vendredi pour faire parler de lui, tellement les prévisions de suppressions de postes d’enseignant dans les communes du Pays Basque, et plus spécialement dans les écoles bilingues, avaient soulevé le tollé général des parents d’élèves, enseignants, associations, politiques... tout au long de la semaine. Tout laisse à penser que les décisions rendues hier, dans lesquelles il n’y a que très peu de changements par rapport aux prévisions, vont continuer d’être la cause de nombreux mouvements de protestation, pour tenter d’influencer la commission du 6 février avant son choix final.
Les manifestations vont continuer
"Nous avions évoqué le cas d’une poursuite du mouvement au cas où se confirmerait la suppression du poste de Larressore. Nous allons nous réunir dès lundi matin avec tous les parents d’élèves pour savoir quelles manifestations nous allons organiser pour continuer à communiquer notre mécontentement", a expliqué Maider Martiarena, mère d’un élève de l’école bilingue de Larressore.Pour le SNUipp, Syndicat enseignant du premier degré, cette carte scolaire pour la rentrée 2007 est tout simplement conforme aux prévisions. "Pour l’instant beaucoup de décisions sont en suspens jusqu’au choix final, et la mobilisation des parents joue en leur faveur", dit Isabelle Melka, représentante du syndicat pour le Pays Basque, "C’est une attaque générale à l’enseignement dans le primaire du département, plus qu’une simple attaque au bilinguisme. Je pense que les vraies questions qui se posent face à ces décisions sont, quels moyens pour l’école de demain ? pourquoi est-on obligé de perdre sept postes alors que les effectifs scolaires sont en hausse ? Il faut poser la question des choix budgétaires", poursuit Isabelle Melka pour mettre face à ses responsabilités l’Inspection académique décisionnaire. Malgré ces déclarations, la carte montre bien que ce sont essentiellement des écoles ou l’enseignement est bilingue qui sont touchées par ces suppressions de postes. Un résultat conséquence d’une méthode de calcul "complètement absurde". Les enfants pratiquant le basque ne sont comptés que comme 0,5 élève en français car n’étant en cours de français que 50% du temps. Du coup une classe de 30 élèves est calculée comme une classe de 15 élèves. Avec ces calculs, l’Académie oublie (volontairement ou pas ?) de compter la moitié des élèves. Voila pourquoi les suppressions de postes annoncées ne sont pas justifiées pour l’ensemble des protestataires. "Nous constatons que l’analyse des effectifs ne tient pas compte des contextes particuliers dus à des organisations spécifiques nécessaires à de bonnes conditions d’enseignement," commente Josiane Libier, Présidente de Biga Bai, association de parents d’élèves de l’enseignement public bilingue.
Conséquences de la suppression d’un poste d’enseignant
Les répercussions d’une suppression d’un poste d’enseignant dans une école peuvent être différentes suivant que l’on soit dans une commune rurale ou sur une zone urbaine.
A la campagne la suppression de poste multiplie le nombre de niveaux dans une même classe, comme à Hélette où 1/2 poste de français en moins "rend ingérable le fonctionnement de l’école avec des classes uniques, une de français, une de basque, tout niveau confondu, sur 50% du temps", dit un parent d’élève de l’école publique bilingue. Dans les zones urbaines le résultat donne des classes aux effectifs surchargés. Ce surnombre est d’autant plus préjudiciable qu’il a lieu pour certaines écoles en Zone d’Education Prioritaire, ZEP.
Il faut rappeler que bon nombre de suppressions arrivent alors qu’il n’y a aucune baisse des effectifs prévue pour la rentrée 2007, voire dans certains cas une hausse. Comme à Larressore où 214 logements seront livrés courant 2007. Du coup c’est l’accueil des tout-petits, - 3 ans, qui est aussi en péril. "Eux non plus ne sont pas comptés dans le mode de calcul de l’Académie."
Même si ces répercussions sont différentes, il y a une conséquence commune : la faiblesse accrue de l’enseignement. "Une catastrophe pour la qualité de l’enseignement et le respect des programmes imposés par l’éducation nationale. A cela il faut ajouter l’impossibilité pour les enseignants de monter des projets scolaires, de répartir les enseignements obligatoires faisant appel à des intervenants extérieurs comme l’anglais, le sport, la musique...", explique Pilar Tosini, présidente de l’association des parents d’élèves du groupe scolaire de Saint-Pierre d’Irube.
Les parents d’élèves de Larressore manifestent à Pau
M.D.
Les parents d’élèves de l’école de Larressore avaient décidé d’une école morte pour la journée d’hier. Un choix pour, d’une part protester contre la suppression d’un poste de français de l’école bilingue du village, et d’autre part pour permettre aux parents de partir manifester leur mécontentement à l’Inspection Académique de Pau, "face à l’absurdité de la prise de cette mesure".
Maider Martiarena, mère d’un élève de Larressore nous raconte la journée paloise. "Nous sommes arrivés vers midi, et il y avait pas mal de monde et surtout beaucoup de bruit, particulièrement des parents d’élèves de Saint-Palais. Avec ceux de Larressore on était bien placés, devant les grilles. Nous étions en première ligne, avec notre banderole." Une chose a particulièrement marqué Maider, "j’ai vu beaucoup de gens venir protester contre des suppressions de postes dans des écoles bilingues. C’est presque à se demander si l’éducation nationale ne veut pas faire disparaître au Pays Basque les établissements publics où se pratique l’enseignement bilingue."
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