La nouvelle mouture ne convainc pas plus que l’ancienne. La majorité des communes basques touchées par le projet de liaison Pampelune-Salies-de-Béarn a délibéré ces derniers jours contre le projet du Conseil général. Un résultat sans surprise au vu de la mobilisation des élus ces derniers mois. En Garazi, l’opposition est quasiment totale. D’Arnéguy à Gamarte, toutes les communes qui ont délibéré ont avancé leur opposition au projet. Lasse et Gamarte devaient se réunir hier soir mais le résultat sera sans surprise, les deux communes ayant à multiples reprises mis en avant leur refus du projet. Le conseil municipal d’Uhart-Cize se tiendra lui dimanche matin. Le maire Gabriel Camou ne fait pas partie des farouches opposants au projet, il faudra donc voir ce que sa municipalité décidera. Elle pourrait être influencée par les positions des deux autres grosses bourgades du canton. En effet, St-Jean-le-Vieux (à l’unanimité) et St-Jean-Pied-de-Port se sont aussi prononcées contre la configuration actuelle du projet. "Tel quel, nous n’en voulons pas. Nous voulons un aménagement de l’existant avec contournement des bourgs", a répété Alfontxo Idiart, maire de St-Jean-Pied-de-Port. Si la communauté des communes qu’il préside ne s’est pas encore réunie sur le sujet, il prévoit déjà que la délibération prise sera exactement dans les mêmes termes.
"Mépris et agression"
A St-Jean-le-Vieux, le conseil municipal demande l’abandon du projet. Il reprend l’argumentation avancée par les habitants dans le cahier de doléances ouvert en décembre et auquel avait été jointe une pétition signée par 747 habitants. "La demande de consultation est ressentie par la population comme portant sur des choix de tracés et non sur un projet Pyrénées-Atlantiques-Navarre qui est déjà décidé et dont l’opportunité n’est pas démontrée si ce n’est pour satisfaire l’économie navarraise au détriment de celle de Basse-Navarre. De ce fait, la population se sent agressée, méprisée, prise en otage et mise devant le fait accompli", conclut le texte voté par les conseillers. A Ascarat, la municipalité a ajouté à son vote une délibération demandant qu’un groupe soit créé au sein de la communauté des communes de Garazi pour étudier, avec le Conseil général, comment dévier le n¦ud de St-Jean-Pied-de-Port.
En Oztibarre, Larceveau, Ostabat et Juxue ont aussi voté contre le projet. Arhansus doit se réunir dimanche. Des observations formulées par les administrés, le conseil municipal de Juxue retient que "la route actuelle suffit, le projet ne répond pas aux besoins du territoire". Les élus demandent donc de "sécuriser les dessertes locales" et de "prendre en considération les avis des conseils municipaux". Dans le même sens, la municipalité de Larceveau souhaite du Conseil Général qu’il "priorise les liaisons infra et inter-cantonales et améliore les chaussées existantes dans le cadre de programmations annuelles et pluriannuelles".
En Amikuze, les municipalités d’Uhart-Mixe, Larribar et Arbérats ont manifesté leur opposition au projet. Arbouet est aussi contre un tracé neuf et une troisième voie sur sa commune, hypothèse envisagée par le projet du Conseil général. St-Palais et Béhasque ne se sont pas réunies sur le sujet et ne l’envisagent pas. Ni d’ailleurs la communauté des communes.
"Nous n’avons pas été sollicités par le Conseil général pour prendre une délibération", a commenté Marcel Arnaud, président de l’intercommunalité et maire de Béhasque. "Il faut des arguments pour voter, il n’est donc pas judicieux d’en parler sans avoir plus d’éléments", a-t-il ajouté. L’élu, qui est aussi membre du Conseil d’administration de l’Association des Maires de l’Intérieur a par ailleurs fait savoir que son association va étudier l’impact sur l’économie locale du projet routier. "Pas seulement sur les communes traversées mais aussi des zones plus éloignées comme la Soule par exemple", a indiqué Marcel Arnaud.
Les délibérations des communes n’ont pas le pouvoir d’empêcher le projet mais les promesses de J-J. Lasserre de tenir compte de l’avis des élus résonnent encore aux oreilles de ceux-ci.
Au vu de la forte contestation, le président du Conseil général vient d’ailleurs de mandater deux cabinets, d’Anglet et de Bordeaux pour mener une mission de concertation. Ceux-ci vont rencontrer les maires concernés pour leur expliquer la démarche. Ils seront avec une dizaine d’élus de Larceveau et des environs mercredi soir à 20h30 à la mairie de Larceveau. Le lendemain ce sera le tour des maires garaztar d’être informés, en mairie de St-Jean-Pied-de-Port. Les cabinets devraient ensuite organiser des réunions avec la population selon les informations fournies à certains élus.